‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 190 sur 322 · XXIII OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXIII OCTOBRE

Le vingt-troisième jour d'octobre de l'an 1632, le P. Élie Graf, né à Munich, mourut au collèg-e de Salzbourg-, après avoir vaillamment combattu par la parole et par la plume en faveur de la véritable Eglise et, surtout dans les territoires de Kaufbeuren et d'Abensberg, arraché une multitude d'àmes à l'hérésie. 11 eut aussi la gloire de fonder à Ingolstadt la célèbre congrégation de Notre- Dame de la Victoire, composée d'abord presque uniquement d'artisans et d'hommes du peuple, mais devenue bientôt si célèbre, que l'archiduc Maximilien et les plus glorieux noms de la noblesse bavaroise sollicitèrent l'honneur d'en faire partie. Le P. Graf était pour la seconde fois Recteur du collège de Saint-Grégoire à Diliingen, lorsque l'invasion des armées suédoises l'obligea de chercher un refuge à Salzbourg, et c'est là qu'il mourut à l'âge de cinquante-sept ans, dont il avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.

KnoPF, Histor. Provinc. Germon. Super., t. 4, dec. 8, n. 'H'ï, p. 95 ; t. 5, decad. 10, n. 2,53, p. 103. — Sotuellus, Biblioth., p. 187. — Som- MERvoGEL, BibUolli., t. 3, p. 1657.

Le vingt-troisième jour d'octobre de l'an 1634, à Czeikowitz, une des fermes du collège d'Olmutz en Moravie, mourut le P. Jean Ur- BANi, slave d'origine, après avoir rempli l'office de procureur pendant trente ans. Appelé de bonne heure à la Compagnie et déjà en route pour le noviciat de Briinn, il avait cédé un moment aux sentiments de la nature et s'était détourné de son chemin pour aller dire adieu à sa famille. Des brigands valaques et moraves infestaient alors le pays. L'un d'eux, le voj'ant venir, s'élance pour le dépouiller ; et le jeune homme s'étant dérobé par une fuite précipitée, il lui jette le coutelas qu'il tenait en main et l'atteint entre les épaules. Urbani, blessé et tout sanglant, peut néanmoins se mettre en sûreté. Mais reconnaissant dans ce fait un châtiment de la Providence qui le punissait de son manque de générosité, il reprend aussitôt sa course première et arrive à Briinn.

Toute sa vie et jusque son son lit de mort, il remercia Notre-Seigneur de l'avoir tiré de ce mauvais pas et d'avoir du même coup sauvé sa vocation. Les périls dont il fut tant de fois assailli depuis lors, dans l'exercice de sa charge, ne furent plus capables de l'effrayer. Menacé tour à tour par les Suédois victorieux, par les paysans hérétiques attachés aux domaines du collège, et qui ne se convertirent qu'après avoir longtemps et cruellement exercé sa patience, prisonnier des Tartares, qui massacrèrent un de ses compagnons et l'abandonnèrent lui-même couvert de blessures, presque mourant et privé de l'usage d'une de ses mains, le P. Urbani n'en persévéra pas moins à veiller, jusqu'à sa mort, sur les biens de Jésus-Christ, selon la belle expression de saint Ignace ; et l'Histoire de la Province de Bohème termine son éloge en lui

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