III NOVEMBRE
Le troisième jour de novembre de l'an 1643, mourut à l'université de Gratz le P. Paul Guldin, né à Saint-Gall en Suisse, d'une famille d'artisans séduite par l'hérésie. Ses parents, pour montrer qu'ils connaissaient les Livres Saints, lui avaient donné le nom d'Mabacuc ; mais à l'époque de sa conversion au catholicisme à l'àg-e de vingt ans, le jeune homme changea ce nom en celui de Paul ; et comme alors il n'avait fait d'autres études que celles d'orfèvre, il entra en qualité de Frère Goadjuteur au noviciat de Landsberg, sur le conseil d'un saint religieux de l'Ordre de saint Benoît.
Il vivait humblement et travaillait avec courage dans son degré depuis douze ans, lorsque son rare talent à construire des instruments d'astronomie fit découvrir en lui, comme par hasard, une aptitude fort extraordinaire pour les sciences mathématiques, et malgré ses instances pour vivre et mourir en simple Frère Goadjuteur, il fut envoyé à Rome et commença ses études à l'âge de trente-deux ans. Dieu bénit visiblement son obéissance ; il fut bientôt en état de comprendre, de parler et d'écrire le latin et le grec avec autant de facilité que d'élégance, et composa les remarquables ouvrages qui ont rendu son nom célèbre parmi les savants. Mais au milieu des louanges que lui attirait son mérite, le P.
Guldin n'estimait rien tant que de se dévouer aux plus humbles ministères auprès des malades, et d'exposer même sa vie au service des pestiférés. Il mourut saintement à l'Age de soixante-six ans ; il en avait passé quarante-six dans la Compagnie.
Agiucola, Histor Provinc. Germon. Super., n. 663 seqq., p. 190. — SoTUELLUs, Bibliot/i., p. 647. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 113. — SoMMEuvoGEL, BibUotk., t. 3, p. 1946.
*Le troisième jour de novembre de l'an 1679, mourut à Leutmeritz en Bohème le P. Adam Henri Heinel, né de parents hérétiques, convertis peu après sa naissance par nos Pères. A huit ans, écolier de notre collège d'Eger, sa ville natale, il savait déjà faire oraison ; les jours de congé, il se retirait dans un coin ou quelque grenier pour méditer les mystères de la Passion, et se flagellait ensuite àprement. Notre-Seigneur l'attirait ainsi de bonne heure près de sa croix ; car il voulait le sanctifier par la souffrance, et en faire un modèle de patience et de résignation à sa très sainte volonté.
En entrant au noviciat à l'âge de vingt-et-un ans, Henri Heinel apportait un ardent désir de se dépenser sans réserve pour Dieu. Mais à peine eut-il prononcé ses premiers vœux, qu'il fut assailli des douleurs de la goutte, qui firent un cruel martyre du reste de sa vie. Plus rares dans les commencements, elles lui permirent de faire sa régence et ses études ; mais avec les années, les crises se rapprochèrent et devinrent enfin presque continuelles. Au milieu des plus violents assauts, le P. Heinel, avec un héroïque courage, demeu-