‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 222 sur 322 · XI NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XI NOVEMBRE

Le onzième jour de novembre de l'an 1S94, mourut à Augsbourg' le P. Théobald Stoz, surnommé le père des misérables et des abandonnés. Les malfaiteurs, condamnés au dernier supplice, étaient aussi très particulièrement l'objet de sa charité. On le vit un jour avec admiration rester de longues heures, sous un soleil dévorant, près d'un malheureux, qui allait expirer sur la roue, afin de le consoler et d'empêcher que la douleur ne lui arrachât une parole de désespoir ou de murmure contre Dieu. On croit que Notre- Seigneur lui fît connaître d'avance l'heure de sa mort. Avant d'entrer en agonie, il exhorta tous les Pères et Frères du collège d'Augsbourg à ne jamais négliger leur oraison de chaque jour, s'ils voulaient être de dignes enfants de saint Ignace. II exalta son bonheur de mourir dans la Compagnie, prononça avec une grande dévotion la formule de ses vœux, et peu après s'endormit doucement dans le Seigneur, à l'âge de cinquante-neuf ans, dont il avait passé trente-cinq en religion.

SoTUELLUs, Biblioth., p. 754. — Agricola, Histor. Provinc. German. Superior., t. 2, dec. 6, n. 317, p. 88. — Sommervogel, Biblioth., t. 1,

Le onzième jour tic novembre de l'an lG3i, le P. Jean Arnoldi, né à ^^'arburg• en Weslphalie, fut cruellement massacré en haine Je la foi par les hérétiques à Visselhôvede, non loin de Werden en Hanovre. 11 venait de reconquérir à l'Kglise une partie notable de ce pays, lorsque la victoire des Suédois à Leipzig- releva les espérances du luthéranisme. Une troupe de paysans fanatiques, l'ayant rencontré sans défense dans l'exercice de son apostolat, se jeta sur lui avec fureur, le meurtrit horriblement à coups de bâton, lui brisa le crâne, et l'attacha mourant à un arbre pour se jouer de son agonie. Enfin, comme il n'expirait pas assez promptement, un de ces misérables lui ouvrit la gorge d'un coup de hache en lui criant avec dérision : « Chante-nous encore maintenant ton Doniinus vohiscum^ si tu le peux » ! Le P. Arnoldi était âgé de trente-cinq ans et en avait passé quatorze dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunct. Provinc. Rheni Inf'er. (Arc/i. Rom.). — Cordaiia, Histor. Soc. Jesu, part. 6^ lib. 16, n. 110, p. 476. ■ — Tanner, Societ. Jesu milit., p. 104. — Alegambe, Mortes illustr., p. 404. — Strunck, Westphalia sancta, p. 205. — Patrignani, Menolog., H nov., p. 71. — Nadasi, Ann. dier. memor., il^ nov., p. 270. — Drews, Fasti Soc, il» nof., p. 442.

* Le onzième jour de novembre de l'an 1682, expira très saintement à Gratz le F. Jean IIâberl, Coadjuteur temporel, âgé de soixante-douze ans. Quarante-huit ans auparavant, il était entré au noviciat de Vienne en qualité de Scolastique et se destinait au sa-

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