XII NOVEMBRE
Le douzième jour de novembre de l'an 1658, mourut à Neuss, en odeur de sainteté, le P. Jean Weyer, de la Province du Bas- Rhin. 11 ne vivait que pour plaire à Dieu. Afin de mieux régler, au temps des récréations, toutes ses actions et toutes ses paroles, c'était sa pratique invariable, dans la visite au Saint Sacrement qui précédait, de les offrir à Notre-Seig-neur . Tous les jours il entendait deux ou trois messes. Par un profond sentiment de respect pour l'adorable Majesté, il se tenait à genoux dans la posture la plus humble, non seulement quand il faisait oraison, mais encore quand il vaquait à la lecture spirituelle ou écrivait sur quelque sujet de piété ; et lorsqu'il éprouva les premières atteintes du mal qui l'emporta, c'est encore ainsi, prosterné au pied de son crucifix, qu'il s'offrit comme une victime à la justice divine.
Le P. Weyer se purifiait chaque jour de ses moindres fautes dans le sacrement de pénitence ; et il ne lui était pas rare de se flageller plusieurs fois en un jour avec une chaîne de fer. Il se montra jusqu'à la fin homme d'obéissance et de foi. Tout ce que lui prescrivaient, pendant sa dernière maladie, ceux qui avaient soin de son corps, il le recevait comme de la main de Dieu, et en témoignage de révérence, le prenait tête découverte après avoir