‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 234 sur 322 · XXI NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXI NOVEMBRE

Le vingt-et-unième jour de novembre, au collège d'Ingolstadt, l'an 1634, mourut à l'âge de vingt-et-un ans le F. Nicolas Meuz, Scolaslique, victime de la plus tendre et de la plus ingénieuse charité. La peste désolait alors la Bavière. Dans les trois villes seulement de Straubingen, Munich et Ingolstadt, la Compagnie avait vu succomber, en trois mois, vingt-quatre de ses membres au service des malades, lorsque le F. Merz, alors étudiant en philosophie, alla se jeter aux pieds du Père Provincial, et lui demanda la permission de s'offrir à Dieu comme victime, pour obtenir qu'aucun de ses frères ne tombât plus sous les coups du fléau. Deux refus qu'il essuya d'abord ne le découragèrent point. Il revint une troisième fois à la charge, et finit par emporter comme d'assaut la grâce qu'il sollicitait si ardemment. Quarante-huit heures après, il expirait à la suite d'un mal, léger en apparence, et qui n'avait donné aucune inquiétude. C'était le jour de la Présentation de la très sainte Vierge, pour laquelle il avait depuis son enfance la plus tendre dévotion.

Le F. Merz avait ardemment désiré la grâce des missions étrangères ; il s'y préparait par une imitation spéciale du grand apôtre des Indes : « Je m'efforcerai d'acquérir une âme héroïque », disait-

il dans ses résolutions ; et il faisait consister cet héroïsme dans l'observation de toutes ses règles, et principalement de celles qui recommandent l'étude aux Scolastiques de la Compagnie. Après sa mort, on trouva dans ses papiers une note où il priait ses frères de ne pas attribuer à son profit les suffrages qui se font pour les défunts dans la Compagnie, mais de les appliquer à l'intention de ceux envers qui lui-même serait encore redevable ; tellement, dit l'historien de sa Province, il avait à cœur, suivant la parole du Maître, de remplir toute justice.

Kuopr, Hislor. Provinc. Germaii. Superior., t. 5, dec. 10, n. 5G7, p. 294. — Nadasi, Ann. dier. memorab., 21» mw., p. 285. — Id., Pretiosœ occupation, inorient., c. 8, n. a, p. .57. — Dbews, Fasti Soc. Jesu, 21^ nov., p. 457.

Le vingt-et-unième jour de novembre de l'an 1729, mourut à Cologne, sa patrie, le P. Gabriel Dulman, issu d'une famille patricienne. Pendant les cinquante-trois années de sa vie religieuse, il avait mérité le beau nom d'ange, tant il était visiblement uni à Dieu, prompt à exécuter ses volontés, et pur de toute affection terrestre, dans les différents emplois de missionnaire, ministre, Recteur et Procureur de Province que l'obéissance lui confia tour à tour. 11 employa dix rudes et longues années à créer, seul au milieu des luthériens, la difficile mission de Solingen, et il sut gagner si complètement l'estime et l'affection de tout le peuple, que les hérétiques eux-mêmes ne parlaient de lui qu'avec admiration.

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