II DÉCEMBRE. P. MARTIN BAUDA
rectorat au collège Saint-Clément à Prague. C'était merveille de voir la charité et l'union qui régnaient entre tous les membres de la communauté, l'empressement de chacun à s'offrir pour prendre sur soi les plus pénibles besognes et les épargner aux autres. Le P. Voyt venait de partir, sur l'ordre des médecins, pour une station thermale, lorsqu'il fut surpris par une crise plus violente, et expira au collège de Kommotau, où il s'était retiré. La nouvelle de sa mort fut accueillie à Prague avec une vraie consternation. Le gouverneur du royaume, Georges Lobkovitz, son ami et, en sa considération, fondateur du collège de Kommotau, ordonna de ramener son corps à Prague, et le fit enterrer avec une pompe extraordinaire dans la belle église du Sauveur, à laquelle le P. Voyt avait mis lui-même la dernière main.
ScHMiDL, Hislor. Proi'inc. Boliem., t. 1, lib. 3, n. 158, p. 283 ; lib. 4, n. ^38, p. 445 ; lib. 6, n. 59, p. 579 ; n. 154, p. G41. — Litter. ann. Societ., anno 1593, p. 199.
* Le deuxième jour de décembre de l'an 1639, mourut à Prague, à l'âge de cinquante-trois ans, dont il avait passé trente-quatre dans la Compagnie, le P. Martin Bauda, né à Horazdiowitz en Bohême, prédicateur, catéchiste, missionnaire, pendant la plus grande partie de sa vie religieuse. A ce chasseur d'âmes, dit son biographe, rien n'était pénible, ennuyeux ou impraticable. Pour se rendre plus utile, il apprit, à force de travail, la langue hongroise et eut ainsi la consolation de réconcilier avec Dieu une foule de a. g. — T. II. — 56.
soldats hongrois blessés dans un combat sous les murs de Prague.
Souffrir pour l'amour de Notre-Seigneur était sa plus douce joie. Bien qu'il fût d'une santé délicate, il ne laissait pas de tourmenter sa chair par de fréquentes et rigoureuses mortifications. Atteint de la peste au chevet des malades, il fut bientôt réduit à l'extrémité. Quelqu'un l'avertissant alors de la gravité de son état, et l'engageant à se préparer au jugement de Dieu, le P. Bauda remercia doucement du charitable et fraternel avis, puis il ajouta : « Un religieux doit toujours être prêt à mourir ; pour moi, voilà longtemps que j'ai tout prévu pour cette heure ; rien ne me retient plus en ce monde ». Et peu après il expira saintement.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 4, lib. 3, «. 66, p. 621 ; ibid. Index exemplor. g 3.