III DECEMBRE
* Le troisième jour de décembre de l'an 1361, mourut à Inspruck le P. Charles Grim, tyrolien, que les saints exemples des Pères Canisius et Nicolas Gaudanus, à l'époque où ils enseignaient la théologie à Ingolstadt, avaient gagné à la Compagnie. Chargé d'abord d'une classe de grammaire au collège de Vienne, le P. Grim s'appliquait avec une ardeur et une consolation singulières à former ses écoliers aux lettres et à l'amour de la sainte Eglise romaine. 11 remplit ensuite au même collège les fonctions de ministre, et se montra partout le bon serviteur de Jésus-Christ, humble et tout dévoué.
Il venait d'être envoyé à Inspruck pour y diriger la construction du collège que l'empereur Ferdinand VI avait récemment fondé en faveur de la Compagnie, lorsqu'il tomba gravement malade. Toutes ses vertus jetèrent alors un éclat plus vif, surtout sa patience et son obéissance au médecin et à l'infirmier : Ex prsescripto medici, dit son biographe, omnia fecit; comedit, dormivit, vigilavit, vixit. Le P. Grim garda jusqu'au dernier moment la pleine possession de lui-même. Quand il fut sur le point d'expirer, il leva les yeux au ciel, croisa les bras sur sa poitrine, et remit doucement son âme
entre les mains de Dieu. Il avait passé neuf ans clans la Compagnie.
Document. Assistent. German. (Archiv. Rom.). — Sacchinus, Histor. Soc. Jesu, lib. 5, n. 171, p. 201. — Socherus, Histor. Provine. Austr.^ l. 3, n. 39, p. 94. — Agricola, Histor. Provine. German. Superior., t. 1, decad. 3, n. 45, p. 68. — Histor. (ms.) colleg. œnipont. 1561-1773, ann. 1561 (Arc/iii>. colleg. œnipont).
* Le troisième jour de décembre de l'an 1729, mourut au collège de Trentschin en Hongrie le Frère Coadjuteur Jacques Porubszki, âgé de trente-six ans, dont il avait passé sept dans la Compagnie. Il avait ardemment désiré de s'enrôler sous l'étendard de saint Ignace ; et si le Père Provincial d'Autriche n'avait pas cru devoir l'admettre, il serait allé, disait-il, jusqu'à Rome se jeter aux pieds du Père Général et arracher par ses prières et ses larmes le bonheur d'être reçu au noviciat. De là, son indifférence pour tous les lieux et tous les emplois ; c'était assez pour lui d'être au service de Dieu dans la Compagnie ; de là encore la perfection avec laquelle il observait ses règles et ses vœux. C'était la voix commune que le F. Porubszki faisait toutes choses par obéissance et de la manière que lui avait prescrite l'obéissance. Un jour, sa chasteté fut mise à la même épreuve que celle de saint Thomas d'Aquin ; il triompha avec le même courage. Selon l'esprit de sa vocation, il priait souvent pour les âmes, et afin de leur venir plus directe-