III DÉCEMBRE. — P. FRANÇOIS SIROWSKI
ment en aide, il aurait voulu servir jour et nuit de compagnon aux Pères qui allaient assister les malades et les moribonds.
Litlerœ annuœ. Provinc. Austr., anno 1729 {Archw. Rom.).
* Le troisième jour de décembre de l'an 1742, le P. François SiROwsKi, de Neustadt, mourut à Grosswardein en Hongrie, victime de sa charité au service des pestiférés. L'amour des âmes et de la croix formait le caractère dominant de sa vertu. Il avait demandé à plusieurs reprises les missions des Indes ; l'obéissance lui assigna celles de Hongrie, et c'est là qu'il se dépensa jusqu'à la mort avec une ardeur magnanime et un complet oubli de lui-même. La prédication à des foules nombreuses accourues de loin, la confession, la visite des malades remplissaient toutes les heures de ses journées. Quand il était appelé au chevet de quelque moribond, il y courait sans retard et sur le chemin, tout absorbé par la pensée d'aider cette Ame à franchir le redoutable chemin, il ne prenait garde à personne, et ne répondait pas même à une parole ou à un salut, en sorte qu'on l'avait surnommé Patreni nerninem per viam salutantem.
C'est la méditation du mystère de la croix qui lui avait inspiré ce zèle, et c'est l'union par la souffrance au Sauveur crucifié qui faisait fructifier son apostolat. La peste s'étant déclarée à Gross- Wardein, le P. Sirowski obtint ou, pour mieux dire, arracha à force de prières la permission de se dévouer au service des malades. Après des prodiges de charité, il fut lui-môme atteint de
la terrible contagion, Qnand il se vit sur le point de mourir, il se jeta à bas de son lit par un suprême effort de courage, pressa vivement sur son cœur l'image de Jésus crucifié, et c'est dans cette attitude, les deux genoux en terre, que l'humble et vaillant apôtre remit son âme entre les mains de Dieu, à l'âge de cinquante-trois ans, dont il avait passé trente-deux dans la Compagnie.
Litter. ann. Provinc. Austr., anno 1742 (Archiv. Rom.). — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1261.