‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 262 sur 322 · IV DECEMBRE · texte numérisé non relu

IV DECEMBRE

Le quatrième jour de décembre de l'an 1736, mourut près de Paderborn sa patrie, le P. Michel Strunck, savant et pieux auteur du bel ouvrage intitulé }Vestphalia sancta, pia, beata. Au milieu des travaux de l'enseignement et du saint ministère, tout son repos était d'écrire les vies et de répandre le culte des saints, qui depuis les premiers temps du christianisme en Allemagne, avaient fait la gloire des provinces qu'il habitait. Les plus douloureuses infirmités n'étaient pas capables de lui arracher la plume des mains.

Les élèves et les pénitents du P. Strunck se faisaient surtout remarquer par leur amour pour une pureté angélique ; beaucoup d'entre eux méritèrent, après de longues et sérieuses épreuves, de se lier à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère par le vœu de chasteté perpétuelle. On peut à peine se faire une idée de tout ce qu'ils offrirent à Dieu de prières et de pénitences pour arracher leur saint directeur à la mort, lorsque le bruit se répandit dans la ville que ses jours étaient en danger . Le P . Strunck mourut dans la cinquante-neuvième année de son âge et la quarante-etunième depuis son entrée dans la Compagnie.

Suinmar. vit. defunctor. Provinc. Rheni Infer. {Archiv. Rom.). — Stiiunck, Wcstphalia sancta, 2« édit. Pndcrborn, 1854, t. \, p. 23.3, Vita venerabilis P. Michaelis Slriinckii. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1653.

* Le quatrième jour de décembre de l'an 1770, mourut à Bologne le saint et apostolique P. Joseph Palme, de la Province de Bohême. Entré au noviciat de Brûnn à l'âge de vingt ans, il sollicita et obtint la grâce de se consacrer au salut des Indiens de la Province de Quito. Tels étaient déjà son amour de l'oraison, son recueillement, sa fidélité à toutes les règles et son angélique pureté, qu'on le comparait à Louis de Gonzague et à Jean Berchmans. Cette réputation de vertu ne fit que grandir pendant ses études et sa troisième probation et, à vingt-neuf ans, après un premier et fructueux exercice de son zèle dans les prisons et les hôpitaux, il fut envoyé aux Indiens Maynas et ensuite aux Yquitos, non loin du Maragnon. Cette dernière nation était encore païenne et livrée à tous les vices, licencieuse, fourbe, ingrate, cupide.

Le P. Joseph Palme se mit avec ardeur à défricher cette terre stérile ; mais elle lui donna peu de fruits. Plus d'une fois, pour se débarrasser de ses exhortations importunes, les Indiens essayèrent de le faire périr; il échappa toujours à leurs coups, et une fois non sans prodige. 11 ne laissait pas de s'estimer largement récompensé de ses peines par le baptême des enfants et la conversion de quelques adultes ; et volontiers il eut passé sa vie au milieu de ce peuple, si l'obéissance ne lui eût confié le soin d'un autre troupeau. Il se dévoua au service de ses nouveaux enfants avec la même charité. Aux industries ordinaires du zèle, il ajoutait les

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