IV DÉCEMBRE. P. JOSEPH PALME
moyens surnaturels qui leur donnent l'efficacité, la prière, le jeune, les cilices, les flagellations, avec une rigueur que les supérieurs étaient obligés de tempérer.
C'est là que le P. Joseph Palme reçut la notification du décret d'exil porté par le roi d'Espagne contre tous les Jésuites de ses états d'Amérique. Arrêté avec ses compagnons d'apostolat, tous furent jetés ensemble sur de misérables embarcations, qui descendaient le fleuve des Amazones, et après trois mois environ de navigation, ils arrivèrent à Para. Là, au lieu de repos, ils ne trouvèrent qu'une prison sans air et sans lumière, où ils furent enfermés comme des malfaiteurs pendant deux mois. Puis on les entassa dans un navire qui faisait voile pour le Portugal ; peine de mort était portée contre tout homme de l'équipage qui leur adresserait une seule parole. En vrais disciples de Jésus-Christ, les missionnaires supportèrent ces souffrances et ces outrages sans se plaindre et sans murmurer ; chose plus admirable encore, pendant ces longues et presque intolérables journées de réclusion, ils gardèrent, pour le silence, hi prière et l'étude, le même règlement qu'ils auraient pu suivre dans la maison la plus tranquille et la plus régulière.
Après une halte de quelques semaines en Portugal, ils furent conduits, toujours captifs, à Port-Sainte-Marie ; ils y demeurèrent plus d'une année dans la maison, où les religieux de la Compagnie destinés aux missions des Indes attendaient le départ des navires. Le P. Joseph Palme s'abandonna sans réserve à son amour de l'oraison; il passait au pied du Saint Sacrement une grande partie de ses journées, et semblait ne pouvoir s'arracher de l'autel. Enfin il s'embarqua pour l'Italie, d'où il se proposait de retourner A. G. I. — T. II. — o7.
en Allemagne. Mais tant de souil'rances et de mauvais traitements avaient achevé d'épuiser ses forces. En passant à Bologne, l'iiéroïque fils d'Ignace dut s'arrêter ; et après quelques jours de maladie, il remit saintement son àme entre les mains de Dieu, à l'âge de trente-sept ans, dont il avait passé dix-sept dans la Compagnie.
Synopsis vilœ et virtutum P. Josephi Palme e Soc. Jes. in-k, pp. 34 (E ms. S. J.). — Voir aussi la notice du P. Ignace Franciscis, Ménologe de l'Assistance d'Italie, t. 2, 24 sept.., p. 337.