‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 308 sur 322 · XXVIII DÉCEMBRE. — P. JOSEPH STÔCKLEIN · texte numérisé non relu

XXVIII DÉCEMBRE. — P. JOSEPH STÔCKLEIN

des règles et la discipline religieuse. Le P. Sabater mourut à l'âge de quarante-six ans; il en avait passé vingt-neuf dans la Compagnie.

Summar. vitse defunctor. Provinc. Austr. (Arch. Rom.].

* Le vingt-huitième jour de décembre de l'an 1733, mourut à Gratz le P. Joseph Stôcklein, né à Oetting en Bavière. Avant son entrée dans la Compagnie à l'âge de vingt-quatre ans, il était déjà prêtre et pourvu d'une cure importante dans un des faubourgs de Vienne. Il pouvait prétendre aux plus hautes dignités ecclésiastiques, lorsqu'il entendit la voix de Notre-Seigneur, qui l'invitait à le suivre de plus près dans le renoncement et l'humilité. Joseph Stôcklein s'empressa d'obéir et, toute sa vie, demeura fidèle à cette générosité du premier moment. Après quelques années consacrées à la prédication, il accompagna les armées impériales en qualité d'aumônier et, par son zèle, son courage, son dévouement, se fit estimer et aimer des soldats et de leurs chefs. Le maréchal de camp, bien que luthérien; l'électeur Georges de Hanovre, plus tard roi d'Angleterre ; le prince Eugène de Savoie l'admirent dans leur intimité, et lui firent les offres les plus gracieuses. Le P. Stôcklein assista à onze batailles et à nombre de sièges ; il se dévoua trois fois au service des pestiférés et n'échappa qu'à grand'peine à la mort.

Pendant qu'il était Recteur à Neustadt, Dieu le récompensa par un prodige manifeste de sa confiance en lui. Un créancier récla- A.. G. i. T. II. — 65.

inait une somme qui lui était due ; vainement le pauvre religieux le priait-il tle lui accorder un sursis, disant qu'il ne lui restait plus un denier; cet homme était intraitable et déclarait qu'il ne se retirerait pas avant d'avoir son argent. Le P. Stocklein se recommande alors à Dieu, ouvre encore une fois comme machinalement son tiroir et, à sa grande surprise, y trouve une somme suffisante, et au delà, à payer toute sa dette.

Le P. Stocklein était très avare de son temps. C'était le bien des âmes, de la Compagnie et de Dieu ; il n'en voulait perdre aucune parcelle. 11 abrégeait chaque jour son sommeil pour prier et travailler davantage. C'est par sa diligence à mettre à profit les moindres loisirs qu'il composa son grand ouvrage, le IVelt-Bott, immense recueil de quarante tomes ou fascicules in-folio, dans lequel il a réuni, traduites en allemand, les lettres de nos missionnaires écrites de tous les pays du monde, depuis 1642 jusqu'en

Quelques années avant sa mort, le P. Stocklein fut averti par un de nos Pères que le comte Guidowaldi de Starhemberg, maréchal de camp, désirait l'attacher à sa personne en qualité de confesseur. L'homme de Dieu répondit à celui qui lui avait fait cette communication qu'il déclinait cet honneur. 11 rappela les invitations qui lui avaient été faites plusieurs fois au nom du roi de Pologne, du duc de Wurtemberg, du comte de Thurn et Taxis et de beaucoup d'autres ; il les avait toutes écartées. 11 terminait par ces paroles : « Que Votre Révérence le sache bien ; j'aimerais mieux faire l'insensé, courir à travers les rues et les places publiques dans l'accoutrement le plus ridicule, et passer pour fou aux yeux de tout le monde, que de consentir à être chargé de la

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