‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 311 sur 322 · XXX DECEMBRE · texte numérisé non relu

XXX DECEMBRE

* Le trentième jour de décembre de l'an 1677, mourut dans la mission de Senftenberg- en Bohème le P. Paul Rumpal, presque au début de sa carrière apostolique. Il s'était formé de bonne heure aux vertus qui disposent à devenir entre les mains de Dieu un instrument utile au salut des âmes. L'oraison lui était si familière qu'il paraissait toujours prier, il recherchait ce qui crucifie la nature, se chargeait des occupations les plus basses et les plus pénibles, aimait les vêtements pauvres, se plaisait à converser avec les gens simples de la campagne.

Le sol qu'il eut à défricher, après son sacerdoce, était depuis longtemps comme abandonné, ravagé par l'ignorance et les vices qui en sont la suite. Il 3^ rencontra des vieillards de quatre-vingts ans, qui ne savaient rien du mystère de la Sainte Trinité, et ne connaissaient pas la signification du crucifix. Le P. Rumpal parcourut près de trente villages avec son compagnon, allant de maison en maison, enseignant le catéchisme et préparant à la confession les adultes et les enfants. Dans l'espace d'une année, il n'instruisit et ne convertit pas moins de deux mille personnes. Plus d'une fois, il fut accueilli par des injures, chargé d'outrages, exposé à des périls de mort; mais rien n'effrayait son courage. Tous

les moyens étaient mis en œuvre, pour éveiller l'attention de ces populations incultes et fixer dans leur esprit les vérités de la foi : représentation des mystères de la vie et de la passion du Sauveur, processions pieuses en l'honneur de la sainte Vierge, érection de grandes croix dans les chemins et aux carrefours, chant des cantiques, récitation du rosaire en commun. Mais à ce travail, les forces du jeune missionnaire s'épuisèrent rapidement. Saisi d'une fièvre violente en assistant un malade, il domina son mal pendant les fêtes de Noël ; ce suprême effort de zèle et de courage accompli, il tomba pour ne plus se relever ; et au bout de trois jours seulement, il alla recevoir sa récompense, à l'âge de trente-et-un ans.

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Bohem. {Archiv. Rom.).

* Le trentième jour de décembre de l'an 1678, au collège de Troppau, où il enseignait la grammaire depuis trois mois à peine, mourut le F. Corneille Merker, Scolaslique, né en Silésie. L'amour de Notre-Seigneur en croix lui avait inspiré de bonne heure un désir ardent de la souffrance; écolier au collège de Troppau et à celui d'Olmutz, l'usage de la discipline lui était déjà familier. Pour réparer les injures faites à la majesté divine pendant les réjouissances du carnaval, on raconte qu'il avait établi avec les congréganistes de la sainte Vierge une procession de pénitence, dans laquelle il portait une grande croix sur ses épaules, et tous se flagellaient rigoureusement.

Dès lors aussi. Corneille Merker aspirait à quitter le monde, pour

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