XX JUILLET
* Le vingtième jour de juillet de l'an 1649, mourut au noviciat de Vienne, après avoir prononcé ses vœux de dévotion, le Frère Scolastique André Dedrusin, de Klagenfurt, encore paré de l'innocence de son baptême. Une longue et pénible maladie le retint sept mois entiers sur son lit comme sur une croix. Mais la sainte communion, qu'il avait obtenu de faire tous les jours, changeait ses souffrances en délices. Il soupirait avec une ardeur incroyable après cette divine nourriture. Une nuit que sa langue et ses lèvres étaient desséchées, le Frère infirmier lui présenta un breuvage pour les rafraîchir : « Oh ! non, répondit-il ; plutôt être brûlé par la soif que de manquer ma communion » !
Une des plus douces consolations du F. Dedrusin, après la participation au banquet sacré, était le souvenir des souffrances du Sauveur et de sa sainte Mère. 11 priait les novices de lui chanter le Stabat mater dolorosa, et essayait d'unir sa voix à la leur. La veille de sa mort, il prit tout à coup un air rayonnant de joie : « Mes chers Frères, dit-il, voici que Dieu Notre-Seigneur achève de me consumer ; priez pour moi ; car demain, j'irai vers mon
père ». Et en effet le lendemain, après avoir prononcé les saints noms de Jésus et de Marie, il s'endormit dans la paix du Seigneur, à l'âge de dix-sept ans et demi.
Nâdasi, Pretiosœ Occupât.^ c. 3, n, 6, p. 27. — Patrignani, Menol., 20 luglio, p. 172.