‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 36 sur 322 · XXI JUILLET. P. IGNACE RITT · texte numérisé non relu

XXI JUILLET. P. IGNACE RITT

* Le vingt-et-unième jour de juillet de l'an 1710, à Walcz en Pologne mourut le P. Ignace Ritt, issu d'une noble famille de Moravie. Il travaillait depuis douze ans dans cette ville et avait eu la consolation de ramener à l'Eglise romaine tous les hérétiques qu'il y avait rencontrés à son arrivée, à l'exception d'un seul dont il n'avait pu vaincre l'obstination. Mais il ne mourut point sans avoir fait cette dernière conquête.

Le fléau de la peste s'était déchaîné sur Walcz et ses environs. Le P. Ritt, qui nourrissait depuis longtemps le désir de sacrifier sa vie au service du prochain, se jeta dans cette périlleuse arène « avec une joie incomparable, et telle qu'il n'en avait jamais goûté de plus grande ». Plus le mal étendait ses ravages, plus il répandait au loin le feu de sa charité. Quand il était appelé auprès des malades, dit son biographe, « il semblait non seulement courir, mais voler à leur aide ». Parfois en un même jour, il recevait le dernier soupir de quarante ou cinquante de ces malheureux. Mais à la fin ses forces fléchirent sous le poids de tant de fatigues.

Or, presque au même temps, l'hérétique, qui s'était montré jusque là rebelle à ses avances, est assailli par le fléau, et touché de la grâce de Dieu, demande à se convertir. Le P. Ritt, à cette nouvelle, tressaille de joie; à demi-mourant il se traîne auprès de l'infortuné, reçoit son abjuration et le fait enfant de l'Eglise ; puis comme s'il n'avait plus rien à désirer en ce monde, à peine revenu à la résidence, il s'étend sur sa pauvre couche et remet son âme entre les mains de Dieu. 11 était âgé de cinquante ans et en avait passé trente-quatre dans la Compagnie.

Summar. vitse defunctor. Provinc. Polon. {Archiv. Rom.}.

b6 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE DE GERMANIE. I.

* Le vingt-et-unième jour de juillet de l'an 1764, mourut à Presbourg le P. Valentin Keri, né à Tyrnau. Il était entré dans la Compagnie dès l'âge de quatorze ans, et avait apporté au noviciat l'innocence de son baptême. II enseigna successivement la philosophie, l'Écriture sainte et la théologie, remplit la charge de pénitencier pour la nation hongroise à Saint-Pierre de Rome et gouverna les collèges de Raab et de Tyrnau.

Entre les vertus dont il ne cessa d'être le parfait modèle, la charité avait ses préférences. De tous ses inférieurs, il n'en était aucun qui ne se crût le plus aimé et n'en jugeât ainsi sur les témoignages qu'il recevait en toute occasion de la bonté du Père Recteur. Cette charité néanmoins se révélait d'une manière plus tendre envers ceux qui avaient usé leurs forces au service de la Compagnie, ou que Dieu tenait sur la croix, les vieillards et les malades. Il s'en fallait bien que le P. Keri les estimât un fardeau pour sa maison ou qu'il cherchât à les éloigner. Il se félicitait au contraire bien haut de leur présence et la considérait comme le meilleur gage des bénédictions divines.

Ce fidèle serviteur de Dieu mourut, comme il l'avait désiré et annoncé, un samedi, jour consacré à la très sainte Vierge. Il était âgé de cinquante-deux ans, dont il avait passé trente-huit dans la Compagnie.

Litteree ann. Provinc. Auslr. anno 1764 (Archù>. Rom.). — Stôgeh, criptor. Provinc. Austr., p. 180. — Sommervogel. Biblioth., t. 4 52110 .,.p

Page 1