‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 37 sur 322 · XXII JUILLET · texte numérisé non relu

XXII JUILLET

Le vingt-deuxième jour de juillet rappelle la glorieuse mémoire du P. Gabriel Barbisch et du Frère Goadjuteur Albert Zoya, tombés victimes de la cruauté des hérétiques à Landshut en 1634.

Les Suédois venaient de s'emparer de cette ville et de la livrer au pillage. Peu s'en fallut que, dans leur haine pour le nom de Jésuite, ils ne missent à mort tous les habitants du collège. Pendant plusieurs jours, ils les tinrent prisonniers sous la menace perpétuelle de les frapper de leurs épées ou de les jeter au milieu des flammes. Mais par une protection de Dieu toute particulière, ils se contentèrent de deux victimes : le F. Zoya fut tué d'un coup de feu et précipité tout sanglant dans les flots de l'Isar ; le P. Barbisch eut le corps sillonné à plaisir d'innombrables coups de poignard et reçut sur la tête une blessure si profonde que les os du crâne furent brisés. Laissé pour mort sur la place, il fut relevé seulement trois jours après. Transporté à Munich, il dut subir l'opération du trépan. Mais trop affaibli par ses souffrances, il expira sous la main du chirurgien le seize octobre suivant. Il était âgé de trente-deux ans et en avait passé treize dans la Gompagnie.

Kropf, Histor. Provinc. German. Superior., t. 5, «,514, p. 262; ri. 531, p. 272.

b8 MÉNOLOGE S. J. — ASSISTANCE DE GERMANIE. I.

* Le vingt-deuxième jour de juillet de l'an 1670, mourut à Leitmeritz en Bohême le P. Jean Xavier Ssestak, issu d'une noble et riche famille de Moravie. Il eut le bonheur, pendant ses premières années de vie religieuse, d'être en relation très intime avec le P. Nicolas Lancicius. Celui-ci prit vivement à cœur l'avancement spirituel de son disciple, entretint avec lui un commerce assidu de lettres, et composa même en sa considération son opuscule intitulé : « De quatuor F, ou de quatre voies pour arriver à la perfection et à la sainteté de la vie ».

Le P. Ssestak se montra digne d'un tel maître. A le voir agir sans autre mobile que l'intérêt de la gloire de Dieu, le duc de Saxe, électeur de l'empire, disait: « Celui-là est un vrai religieux ». Sa pauvreté allait jusqu'au détachement complet de toutes choses; son obéissance était entière et simple comme celle d'un enfant : « Si le supérieur veut cela, disait-il souvent, je le veux aussi ». Il semble pourtant que le P. Ssestak avait un attrait spécial pour l'angélique vertu ; il l'emporta au ciel dans tout son éclat ; il l'abritait avec un soin jaloux derrière le triple rempart de la garde des sens, de la prière et d'une très rigoureuse mortification. Un jour, pendant l'octave du Saint-Sacrement, il s'était enveloppé pour dire la sainte messe d'un cilice si âpre qu'il s'évanouit à l'autel. Il passa les dernières années de sa vie dans un entretien presque continuel avec Dieu ; il mourut très pieusement dans la soixantedeuxième année de son âge et la quarante-sixième depuis son entrée dans la Compagnie.

Summar. vitx defunctor. Provinc. Boheni. {Archiv. Rom.).

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