‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 38 sur 322 · XXII JUILLET. — P. JEAN BERZEVICZI · texte numérisé non relu

XXII JUILLET. — P. JEAN BERZEVICZI

* Le vingt-deuxième jour de juillet de l'an 1750, mourut à Klausenburg- le P. Jean Berzeviczi, né de parents hérétiques à Hambourg. Sa famille était l'une des plus anciennes de la Hongrie et a donné plusieurs de ses membres à la Compagnie. Placé dans un de nos collèges, Jean Berzeviczi ne tarda pas à reconnaître la vérité et se fit catholique. Ses études achevées, il embrassa la carrière des armes et peu après se maria. Mais le jour même de ses noces, il entendit dans son cœur une voix qui l'appelait à une vocation plus haute ; il rendit la liberté à son épouse, se fit relever de ses obligations et, avec un courage presque héroïque, alla s'asseoir de nouveau sur le banc des écoliers, pour reprendre et compléter sa formation littéraire et se mettre en état de travailler plus utilement à la gloire de Dieu.

En laissant le monde, il fit état comme notre Bienheureux Père, de le quitter sans réserve et sans retour. Jamais on ne l'entendit parler des siens ; il semblait les avoir oubliés et ne s'en souvenait que devant Dieu. Sa joie, après avoir vécu dans l'opulence, était de paraître un pauvre, de porter des vêtements usés. Animé d'un zèle ardent pour le salut des âmes, il brûlait du désir de se consacrer à l'œuvre des missions. Il fut donné comme compagnon au saint P. Koloswari et pendant trois années partagea les travaux de l'homme de Dieu. Lorsque le P. Koloswari eut succombé sous le poids de fatigues excessives, le P. Berzeviczi poursuivit encore pendant seize ans son laborieux ministère, prêchant tour à tour en hongrois et en slovaque, ramenant à l'Église et à Dieu une multitude de pécheurs et d'hérétiques. Il passa les dernières années

de sa vie dans le gouvernement des Nôtres et mourut les mains pleines de mérites à l'âge de cinquante-huit ans, dont il avait passé trente-six dans la Compagnie.

Litterse ann. Provinc. Austr,, anno 1750 {Archiv. Rom.}. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 28. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 1400.

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