VI AOUT
Le sixième jour d'août de l'an 1649, le P. Barthélémy Beswierth, de la Province de Haute-Allemagne, donna joyeusement sa vie au service des pestiférés, à Maurkirch, village de Bavière. Il n'avait encore que trente-quatre ans. Professeur de grammaire pendant six ans, il n'avait laissé passer aucun jour de dimanche et de fête, quelles que fussent la rigueur et l'intempérie des saisons, sans aller dans les villages environnants annoncer au peuple la parole de Dieu. Souvent il réunissait à la table sainte jusqu'à trois et quatre cents personnes, surtout les jours où l'on pouvait gagner quelque indulgence particulière pour les âmes du Purgatoire, auxquelles il avait une tendre dévotion. Peu de temps avant sa mort, dans la plus grande violence de la peste, comme on le pressait de ménager ses forces et sa vie : « Non, répondit-il, je ne veux ni ne puis épargner mon corps, quand il s'agit des âmes à sauver ». Le P. Beswierth avait passé treize ans dans la Compagnie.
Alegambe, Heroes et Victini. charit, onno 1649, p. 461.
Le sixième jour d'août de l'an 1649, mourut à Prague le P. Nicolas Slanin, de Budin en Bohême, homme d'une énergie surhumaine, qui le rendait insensible à la douleur aussi bien qu'à la fatigue. Atteint de la peste dans l'exercice du ministère apostolique, peut-être ne reconnut-il pas d'abord lui-même la nature et la gravité de son mal, et pendant trois jours encore il continua, soutenu par son courage et l'amour des âmes, de visiter les hôpitaux et les prisons, et de consacrer de longues heures à la multitude de ses pénitents. Mais le matin de la Transfiguration, en venant de l'église, les symptômes de la terrible maladie se déclarèrent avec tant d'évidence qu'il ne lui fut plus possi!)le de douter. Il se retira donc dans une classe du collège, fit prier son confesseur de venir l'absoudre, et au bout de quelques heures, il expira pleuré de tous comme un père et un saint.
Par ses vertus, le P. Slanin était digne de cette estime et de cette vénération. Il avait un profond respect pour la parole de Dieu, qu'il était chargé d'annoncer au peuple, et en particulier pour l'humble emploi de catéchiste, qu'il avait demandé avec instances. Vivement pénétré de ces pensées de foi et de la sublimité surnaturelle de son ministère, il ne montait jamais en chaire sans s'y être préparé par une étude sérieuse et par quelque acte spécial de pénitence et d'humiliation. Le P. Slanin était âgé de trente-sept ans ; il en avait passé vingt dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Boheni., t. 5, lib. 5, n. 137, p. 565. — Na- DAsi, Pretiosse occupât., c. 1, n. 3, p. 3.