‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 57 sur 322 · VI AOUT. P. JEAN MALOBITZKY · texte numérisé non relu

VI AOUT. P. JEAN MALOBITZKY

* Le sixième jour d'août de l'an 1683, mourut à Prague le P. Jean Malobitzky, né à Laun en Bohême. II avait apporté au noviciat une nature de feu ; il la combattit si généreusement qu'il parvint à en dominer les saillies et les emportements; le lion, dit son biographe, s'était changé en agneau. Avec la douceur, il apprit encore l'humilité, à l'école du divin Maître. îMais c'est la charité avec ses attentions les plus délicates et ses plus héroïques sacrifices, qui forma le caractère dominant du P. Malobitzky. Quand il était Recteur du collège de Ilradisch, on ne saurait exprimer la sollicitude qu'il avait pour les siens : « Donnons aux serviteurs de Dieu, répétait-il souvent au Père Ministre pour exciter sa confiance ; donnons, et Dieu nous donnera aussi ».

Envers les malades, sa tendresse n'avait presque point de bornes. Ce n'était pas assez d'appeler le médecin sans retard, de surveiller par lui-même l'application des remèdes et les aliments qui étaient prescrits, il visitait encore ses chers malades pendant la nuit, et s'il les trouvait éveillés, il s'asseyait auprès d'eux, les consolait par de douces paroles, et souvent, ajoute l'annaliste, il obtenait par ses prières que le sommeil descendît enfin sur leurs paupières. Une peste violente s'étant déclarée à Prague, le Père Provincial fit appel au dévouement du P. Malobitzk3^ A peine le saint religieux eut-il achevé de lire la lettre de son supérieur, qu'il courut avec un élan et une joie incroyables s'enfermer au lazaret. Il s'y dépensa six mois entiers, prodiguant aux victimes du fléau tous les secours de l'âme et du corps : « Ah ! disait-il, si je pouvais mourir pour eux » ! Mais bien qu'il tombât de fatigue et d'épuisé-

ment, la mort l'épargna ; et le P. Malobitzky répétait avec tristesse qu'il n'était pas digne d'une si belle couronne.

Cette héroïque charité pour le prochain avait sa source dans un ardent amour de Dieu. Le P. Malobitzky ne pouvait parler des mystères de Jésus crucifié sans répandre des larmes ; chaque jour, il passait au pied de l'autel en adoration la première heure de la nuit ; et quand il était libre d'autres occupations, on le trouvait toujours à genoux dans sa chambre ; et signe non moins évident de la charité qui consumait son cœur, pendant toute sa vie religieuse il ne commit pas un seul péché véniel de propos délibéré. Il s'endormit très saintement dans le Seigneur à l'âge de soixante-trois ans, dont il avait passé quarante-trois dans la Compagnie.

Suminar. vitœ defunctor. Proviiic. Boheni. (Archiv. Rom.]. — SommervoGEL, Biblioth., t. 5, p. 442. — Pelzel, Boemischc Gelehrte, p. 48.

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