‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 115 sur 327 · X MARS · texte numérisé non relu

X MARS

* Le dixième jour de mars de l'an 16G7, mourut à Klagenfurt dans la Province d'Autriche le Frère Goadjuteur Albert Wagner, bavarois. Quelques lignes à peine lui sont consacrées dans nos annales ; elles suffisent à son panégyrique. C'était un homme d'obéissance, de prière et de travail. Au plus léger signe des supérieurs, il était prêt, sans excuse et sans retard, à faire tout ce qu'on voulait de lui. Quand il n'était pas retenu par son office, il allait s'agenouiller au pied de l'autel, et s'il le pouvait, entendait jusqu'à trois messes de suite ; le dimanche, il ne cessait pour ainsi dire, de faire oraison. Les étrangers l'avaient surnommé « le Frère c[ui prie toujours ». Non moins grande était son ardeur au travail. Tel était son désir de se dépenser au service de la Compagnie, qu'il estimait perdu, disait-il, le jour où il ne s'était pas couvert de sueur. Le F. Wagner mourut dans la cinquante-huitième année de son âge et la vingt-huitième depuis son entrée dans la Compagnie.

Summar. vùœ defunctor. Provinc. Austr. (Archiv. Roni.j.

* Le dixième jour de mars de l'an 1773, mourut au collège de Lucernc le P. Martin Schmid, de Baar dans le canton de Zug, épuisé par quarante années de fatigues au Paraguay. Il était parti avec soixante autres missionnaires de la Compagnie, pour aller porter aux Indiens, avec le nom de Jésus-Christ, les bienfaits de la civilisation chrétienne. 11 fut envoyé chez les Chiquitos que le P. Augustin Arce avait évangélisés une trentaine d'années auparavant et déjà formés en réduction. Le P. Schmid poursuivit l'œuvre commencée par le vaillant apôtre. Il apprit à ses néophytes l'art de travailler le bois et le fer, leur enseigna l'architecture, la peinture, la sculpture ; il bâtit des églises, fondit des cloches, fabriqua des horloges. Mais c'est la musique surtout qui fut le principal auxiliaire de son apostolat. On sait la prodigieuse influence de cet art sur les Indiens. « Donnez-moi des chœurs de musiciens, disait près de deux siècles auparavant le P. Emmanuel de Nobrega, donnez-moi des chœurs de musiciens, et je convertirai toutes les Indes ». Le P. Schmid fabriqua des instruments de musique ; il établit des écoles de chant, composa des cantiques en langue espagnole et sauvage et même des messes pour les grandes solennités de l'année.

Ces occupations' ne l'empêchaient pas de prendre sa part des autres travaux de la mission, l'enseignement du catéchisme, l'administration des sacrements, la visite des malades et des moribonds. Ce dernier office de zèle lui était cher entre tous les autres : il ne voulut jamais s'en dispenser, fallùt-il se traîner, les jambes gonflées et couvertes d'ulcères, auprès de ses pauvres sauvages.

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