XIII MARS
* Le treizième jour de mars de Tan 1684, mourut à Neuhaus en Bohême le P. Antoine Batta, emportant au ciel l'innocence de son baptême. Trois vertus principales nous semblent marquer sa physionomie spirituelle : l'amour de sa vocation, l'humilité et la générosité de cœur.
Il s'était senti d'abord attiré vers la règle de saint F'rançois, parce qu'il espérait pouvoir ainsi pénétrer chez les Turcs et dans la Terre Sainte et gagner à Jésus-Christ ces nations infidèles. Mais un jour, ayant entendu quelqu'un des Nôtres parler du bonheur de ceux qui meurent dans la Compagnie, il changea de pensée et demanda son admission au noviciat de Brûnn. Dès lors, il parut n'avoir d'autre préoccupation que d'assurer sa persévérance : « Je supporterai de grand cœur, disait-il, toutes les croix et toutes les épreuves, pourvu que je demeure dans ma sainte vocation jusqu'à la mort ». Ordonné prêtre, il se fixa des pratiques spéciales pour mériter cette faveur de choix. « Et je ne doute point, écrit l'auteur de son éloge, qu'il n'ait ainsi obtenu de Dieu non seulement la persévérance, mais la plénitude des grâces attachées à sa vocation ».
Le P. Batta était encore profondément humble. Ses œuvres préférées étaient celles où il trouvait tout ensemble et plus de travail et moins d'éclat extérieur, l'évangélisation et l'assistance des