‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 125 sur 327 · XIII MARS. — P. HERMÉNÉGILDE ADAM · texte numérisé non relu

XIII MARS. — P. HERMÉNÉGILDE ADAM

* Le treizième jour de mars de l'an 1740, à Léopoldsladt en Hongrie, mourut victime de son dévouement au service des pestiférés le P. Herménégilde Adam, insigne missionnaire de la Hongrie, de la Styrie et de la Carinthie. Sa charité s'étendait à tous ; cependant, à l'exemple du Sauveur, il avait des prédilections pour les pauvres. 11 était très dur à lui-même, et s'ingéniait à crucifier son corps, comme les délicats à le flatter. Son plus grand bonheur était de s'entretenir avec Notre-Seigneur au saint tabernacle. Non content de le visiter plusieurs fois dans la journée, il avait fait le vœu d'aller l'adorer toutes les fois qu'il s'éveillerait pendant la nuit, pieuse pratique à laquelle il fut invariablement fidèle. Le P. Herménégilde Adam mourut dans la quarante-huitième année de son âge et la vingt-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Litterœ ann. Provinc. Auslr. anno 1740 (Archiv. Rom.). — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 5. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 42.

* Le treizième jour de mars de l'an 1762, mourut au collège Saint-Clément de Prague le P. Jean Schmidl, né à Olmutz en Moravie. Les qualités de l'esprit et du cœur et d'éminentes vertus compensaient largement ce qui lui manquait du côté des forces physiques et des avantages extérieurs de sa personne. Telle était en particulier sa dévotion au Très Saint Sacrement, qu'il n'entreprenait jamais rien de considérable sans avoir pris conseil de Notre- Seigneur au tabernacle. Chaque jour, avant de monter à l'autel, il entendait deux messes pour se préparer à offrir lui-même la sainte

Victime, et en consacrait une troisième à l'action de grâces. Il célébrait avec une foi si vive, tant de respect et de dignité, que les fidèles en le voyant se sentaient eux-mêmes pénétrés jusqu'au fond de l'àme: on l'appelait le saint prêtre. Son amour pour la Compagnie était tout filial, non moins fort que tendre; il en aimait les règles, les œuvres, les traditions. On assure qu'il ne manqua jamais au silence. Sa douceur paraissait inaltérable ; mais si la réputation de la Compagnie ou l'honneur de Dieu étaient attaqués, il trouvait pour les défendre des accents pleins de feu et d'une sainte indignation.

L'Histoire de la Province de Bohême est un beau monument de la piété et de la science du P. Schmidl. Malheureusement cet ouvrage, auquel l'auteur consacra dix-huit années de sa vie, est demeuré inachevé, et n'embrasse guère qu'une période d'un siècle. Tel qu'il est cependant, il offre une mine extrêmement précieuse non seulement pour l'histoire particulière de la Compagnie dans la Province de Bohême, mais encore pour l'histoire générale ecclésiastique et profane de cette époque troublée par tant de guerres. C'est a ce grand travail que le P. Schmidl acheva d'épuiser ses forces toujours chancelantes. Fidèle à lui-même jusqu'à la fin, il eut encore assez d'énergie, la veille de sa mort, pour se traîner à l'autel et offrir le sacrifice du corps et du sang de Notre-Seigneur, et, suivant la pratique constante de toute sa vie, pour réciter son office à genoux. Le lendemain, il remit saintement son âme entre les mains de Dieu dans la soixante-neuvième année de son âge et la cinquante-troisième depuis son entrée dans la Compagnie.

Litter. anii. Provinc. BoJiein. ann. 17G2 (Archiv. Hom.). — Sommervo- GEL, Dibtioth., t. 1 1 p. 805. — Pelzel, Boemische gelehrle, p. 189.

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