‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 131 sur 327 · XV MARS. P. ANDRÉ PATAI · texte numérisé non relu

XV MARS. P. ANDRÉ PATAI

* Le quinzième jour de mars de l'an 1756, mourut à Tyrnau le P. André Patai, hongrois, successivement missionnaire, Recteur de plusieurs collèges, Instructeur des Pères de troisième probation, et toujours homme de zèle, de dévouement et d'abnégation. Les hérétiques eux-mêmes le considéraient comme un saint. Un acte de charité héroïque accrut encore leur estime. Pendant qu'il était Recteur a Klausenburg, le P. Patai vit un jour étendu sur la voie publique un malheureux nomade ou bohémien, rongé par la vermine et déjà aux prises avec la mort. Son seul aspect faisait horreur, les passants se détournaient et fuyaient en hùte. Le P. Patai s'approche, et pensant à l'àme de cet infortuné faite à l'image de Dieu et rachetée par le sang de Jésus-Christ, il se penche vers lui, le console, entend l'aveu de ses fautes et ne le quitte qu'après avoir recueilli son dernier soupir. A ce spectacle, les hérétiques sont saisis d'admiration : « Ce ne sont pas nos ministres, disaient-ils, qui, môme à prix d'argent, auraient eu cette charité ».

On comprend dès lors quels devaient être le dévouement et la sollicitude du P. Patai pour ses frères. Une épidémie meurtrière s'était déclarée à Tyrnau pendant qu'il gouvernait le collège de cette ville. Pour préserver les siens de la contagion, pour relever ou soutenir leur courage, il mit en œuvre toutes les industries. Après avoir en quelque sorte pendant le jour épuisé les moyens humains, il allait, la nuit venue, s'agenouiller de longues heures devant le tabernacle ou une image de Marie, et prier Notre-Seigneur et sa sainte Mère d'écarter de ceux qui lui étaient confiés tous les maux de l'âme et du corps.

Si tendre et si généreux pour les autres, le P, Patai n'avait pour a. g. I. — I. — 31.

lui-même que rigueur et dureté. Son abstinence l'avait réduit presque à l'état de squelette ; il ne montait à l'autel et ne prenait son repos de la nuit que revêtu d'un rude cilice ; il se flagellait si âprement, que plus d'une fois il dut recourir au Frère infirmier pour panser ses plaies. Ce grand serviteur de Dieu expira saintement dans la cinquante-neuvième année de son Age et la trenteneuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Litterœ annuœ Provinc. Austr. ann. 1756 [Archù'. Rom.). — Stôger» Scriptar. Provinc. Austr., p. 253. — Sommervogel, Bihlioth., t. 6,/?. 343.

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