XVI MARS
Le seizième jour de mars de l'an 1G33, mourut à Lintz le P. Mathieu Feingast, victime de sa charité au service des pestiférés. II s'était exercé d'avance aux travaux de l'apostolat et au martyre, en triomphant généreusement des répugnances de la nature, et en traitant son corps sans pitié. Son lit n'était d'ordinaire qu'une planche ; la nourriture la plus grossière, surtout lorsqu'il travaillait au dehors, faisait ses délices ; sous ses vêtements, il portait presque toujours quelque instrument de pénitence. Mais à l'égard de son prochain, il n'avait que des entrailles de miséricorde ; quand il s'agissait de rendre service, on était sûr de le trouver toujours prêt. Le P. Feingast mourut à l'âge de trente-trois ans, il en avait passé douze dans la Compagnie.
Summar. vitae defunctor. Provînc. Austr. (Arc/iiv. Rom.). — Alegambe, Heroes et Victim. charit., p. 356.
Le seizième jour de mars de l'an 1656, mourut à Prague le P. Jean Dakazat, que le P. Gruger, dans ses notices sur les saints
personnages de la Bohême, range parmi les plus insignes religieux de sa Province. Après avoir rappelé ses travaux apostoliques dans les principales villes du royaume, ses triomphes sur l'hérésie dus particulièrement à son incomparable charité, son zèle pour la splendeur de la maison de Dieu, les fruits et les œuvres de son gouvernement dans les charges de Recteur et de Provincial : « Je ne crains pas d'être démenti, ajoute-t-il, en affirmant que jusqu'à sa mort, le P. Dakazat s'est montré véritablement éminent par l'observation parfaite, et sans affectation, de tous les devoirs de son état, et qu'ainsi, au jugement de ses frères et de ceux qui connaissent mieux notre Institut, il a possédé la sainteté propre de la Compagnie de Jésus ». Le P. Dakazat mourut à l'âge de soixante-neuf ans, dont il avait passé quarante-neuf en religion.
Crugerus, Sacri pulveres Bohemiap, 16* mart., p. 478. — Schmidl, Historia Provinc. Bohem., t. 3, 4 et 5, passim. Cf. Indicem.
* Le seizième jour de mars de l'an 1682, mourut à Prague au collège Saint-Clément le P. Georges Spincko, homme de zèle, de dévouement et de chari'.é. Élève du collège de la Compagnie à Iglau en Bohême, sa ville natale, il se sentit attiré de bonne heure vers la règle de saint Ignace ; comme il craignait l'opposition de sa famille, il s'enfuit secrètement au noviciat de Brûnn. Son père bientôt prévenu s'élança sur ses traces, et dès qu'il l'eut rejoint, lui intima avec colère l'ordre de rebrousser chemin, le menaçant même de son mousquet s'il n'obéissait aussitôt. Le jeune