XX MARS. — P. FRANÇOIS HITSCH
Stôcklein, Welt-Boll, t. 1, nn. 24, 25, p. 65, 66; t. 5, n. 111, p. 59. — SoMMERvoGEL, BibUoth. , t. 3, p. 1003. — Pelzel, Boemische Gelehrte, S. J., p. 127. — Biographie univers., t. 16, p. 85. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten, p. 137.
* Le vingtième jour de mars de l'an 4751, mourut à Prague le P. François Hitsch insigne missionnaire de la Province de Bohême. Avant même son entrée dans la Compagnie, il avait donné des marques de ce qu'il serait un jour ; car c'était dès lors sa joie d'accompagner les Pères auprès des malades, des prisonniers et même des suppliciés. Reçu au noviciat après son élévation au sacerdoce, il ne tarda pas à se joindre à la petite troupe qui, en Bohême, prêchait les missions dites de pénitence, si riches en fruits de salut. Pour donner une idée des admirables résultats de cette œuvre, qu'il suffise de rappeler qu'en 1751, année de la mort du P. Hitsch, les huit Pères qui en étaient chargés, quatre pour les populations de langue tchèque et quatre pour celles de langue allemande distribuèrent près de trois cent mille communions.
Le P. Histch fut cinq ans supérieur de ces missions et douze ans simple missionnaire. Un de ses compagnons a rendu un beau témoignage de la sainteté de sa vie, de sa mortification, de sa merveilleuse innocence conservée sans tache jusqu'à la mort, de l'intrépidité de son zèle. Il avait arraché à un officier la complice de ses désordres ; furieux, le militaire résolut de se venger ; il simule une maladie et mande le P. Hitsch auprès de lui. A peine le voit-il entrer, qu'il s'élance pour le percer de son épée. Le serviteur de Dieu, sans s'émouvoir, lui présente son crucifix et, en termes empreints de mansuétude plus encore que d'émotion, lui
montre rindignité de sa conduite. Il n'en fallut pas davantage : le coupable abaissa son ai'me, se jeta aux pieds du prêtre, le cœur changé, et bientôt après lui fit le long récit de ses fautes et commença une vie sincèrement chrétienne.
Une multitude de conversions récompensèrent partout les fatigues du P. Hitsch. Son affabilité, son humilité, toutes ses vertus religieuses et apostoliques lui conciliaient les cœurs, et il les donnait ensuite à Jésus-Christ. La nouvelle de sa mort fut reçue à Prague avec des témoignages extraordinaires de douleur ; des enfants, disait-on, n'auraient pas pleuré plus amèrement leur propre père. L'église de la Compagnie fut à peine assez vaste pour contenir la foule de ceux qui vinrent assister à ses funérailles et payer au vaillant et saint missionnaire ce tribut de leur reconnaissance et de leur vénération. Le P. Hitsch était âgé de quarante-huit ans ; il en avait passé vingt-quatre dans la Compagnie.
Litterse atiii. Provinc. Bohem., anno 1751 [Archiv. Rom.).