‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 146 sur 327 · XXIV MARS · texte numérisé non relu

XXIV MARS

Le vingt-quatrième jour de mars de l'an 1630, le P. Jean Saller mourut à Munich, après avoir reçu de la très sainte Vierge l'assurance de sa prédestination, pourvu qu'il persévérât jusqu'à la mort dans la Compagnie. Au reste, les avertissements de ce genre ne lui avaient pas manqué. Etant encore fort jeune, il s'était vu, dans un songe mystérieux, au tribunal de Jésus-Christ, placé à la gauche du divin juge, attendant la sentence de sa damnation. Mais à la prière de Notre-Dame, de saint Jean-Baptiste son patron, et de trois religieux de la Compagnie qui intercédaient en sa faveur, Notre-Seigneur avait consenti à le faire passer à sa droite. Pour lui prouver que ce n'avait pas été un vain songe, Dieu permit qu'un de nos Pères lui apparût plus tard et lui dît : « Tu devais être damné éternellement, si tu n'avais pas répondu à la grâce de ta vocation ».

Durant trente années, le P. Saller se montra l'un des plus grands et des plus saints missionnaires de l'Allemagne. Frappé du conseil de saint François Xavier, qu'un prédicateur doit avant tout se pénétrer lui-même de ce qu'il enseigne aux autres, il écrivait ses sermons agenouillé au pied de son crucifix, comme sous la dictée même de Dieu. Tant que ses forces le lui permirent, il ne

monta jamais en chaire, même le soir, qu'entièrement à jeun. Dans sa vieillesse, il consentit à prendre auparavant un peu de nourriture, mais du moins toujours à genoux. Le P. Saller mourut dans la soixante-septième année de son âge et la quarante-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.

Summar. vitas defunct. Pronnc. German. Super. {Archiv. Rom.). — CoRDARA, Histor. Soc. Jesu, part. 6», lib. 15, n. 127, /?. 381. — Histor. German. Super., t. 4, n. 315 seqq., p. 349. — Nadasi, Ann. dier. memor., 24a mart., p. 166. — Id., Pretiosx occupationes morient. in Soc. Jesu, c. 1, n. 1, p. 6. — Drews, Fasti Soc, 24^ mart., p. 114. — So- TUELLXJs, Biblioth., p. 500. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 476.

Le vingt-quatrième jour de mars de l'an 1678, au collège de Hradische, le Frère Scolastique Jacques Bomasius mourut en odeur de sainteté. Encore élève à notre collège de Prague, il était tout à la fois le modèle et l'apôtre de ses condisciples. Il jeûnait tous les samedis en l'honneur de la très sainte Vierge, Le même jour il se rendait en pèlerinage à une chapelle très vénérée des habitants de Prague et consacrée à Notre-Dame des Sept-Douleurs, pour demander surtout la grâce d'une pureté sans tache. Aussi fut-il reçu comme un ange au noviciat de Brûnn. 11 ne démentit pas cette réputation : « Pendant qu'il a été sous ma direction, écrivait quelques années plus tard son Maître des novices, il a fait paraître toutes les qualités d'un fervent novice. En particulier, j'observai en lui une grande humilité et une parfaite obéissance, jointes à une charité si attentive, que chacun l'aimait très tendrement.

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