‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 147 sur 327 · XXIV MARS. F. JACQUES BOMASIUS · texte numérisé non relu

XXIV MARS. F. JACQUES BOMASIUS

Jamais je n'ai eu occasion de le reprendi'e ; les novices eux-mêmes, dont l'œil est si vigilant, n'ont rien découvert en lui qui fût digne de blâme... Sa pureté de conscience était telle que dans ses aveux on avait peine à trouver matière à absolution ».

Devenu professeur, le F. Bomasius redoubla de zèle pour sa perfection ; il s'animait lui-même à une fidélité inviolable à tous ses exercices de piété ; car c'est là, disait-il, ce qui assure la persévérance ; « quant à la grâce de ma vocation, ajoutait-il, je la mets au-dessus de tous les biens du monde ». Pendant les vacances, il aimait à se joindre à quelqu'un de nos Pères missionnaires, pour faire le catéchisme aux habitants de la campagne. Durant l'année, il demandait souvent à passer la récréation avec nos Frères Coadjuteurs. « Oh ! disait l'un d'eux après sa mort, si nous pouvions avoir encore des frères Bomasius pour nous parler de Dieu, comme il le faisait, avec tant de charme et de fruits ! »

Quelques mots, que le saint Frère avait habituellement devant les yeux, achèveront de révéler le secret de son étonnante perfection : (c Depuis mon entrée au noviciat, je me suis résolu à recevoir et accepter tout ce qui peut m'arriver dans la Compagnie, que ce soit déplaisant ou agréable, commode ou incommode, grand ou petit, élevé ou de nul prix ; je me suis livré pleinement à la direction de l'obéissance et ne désire que servir Dieu seul jusqu'à la mort, selon toute l'étendue de mes forces, dans cette sainte religion ».

Patrignani, Menol., 24 maggio, p. 175. — Summar. vitœ defunct. Provinc. Bohem. {Archiv. Rom.}.

* Le vingt-quatrième jour de mars de l'an 1728, mourut à Tyrnau le P. Gabriel Kapi, né à Kapu-Var en Hongrie d'une noble et opulente famille. A quinze ans, foulant aux pieds les espérances du monde, il courut s'enfermer au noviciat de Sainte-Anne à Vienne. Il ne tarda pas à laisser pressentir ce que la Compagnie pouvait se promettre de ses talents et de sa vertu. Le P. Nicolas Avancin, alors Provincial d'Autriche, après l'avoir entendu prêcher en grec au réfectoire, n'hésita pas à dire qu'il serait un jour une des gloires de la Province et de toute la Compagnie. L'invasion des armées ottomanes obligea Gabriel Kapi d'aller terminer à l'université de Bologne ses études de théologie ; il les couronna par un acte public si brillant que les Pères d'Italie s'efforcèrent de le retenir parmi eux pour lui confier une de leurs chaires. Tout autre était l'ambition du jeune religieux : il n'aspirait qu'à dépenser sa vie dans les lointaines missions des Indes et de la Chine, et il sollicita cette faveur dans des lettres pressantes au Père Assistant d'Allemagne, Nicolas Avancin, son ancien Provincial, et au Père Général, Charles de Noyelles. C'est en Allemagne et surtout en Hongrie qu'il devait exercer son apostolat.

Son biographe, le P. Kazy, nous le montre tour à tour professeur de grammaire et de rhétorique, de philosophie et de théologie, prédicateur, chancelier de l'université de Tyrnau, supérieur des missions de Transylvanie, Maître des novices. Recteur de deux grands collèges, et enfin dans ses dernières années directeur de l'imprimerie et de la bibliothèque dite catéchétique de l'université de Tyrnau.

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