IX JANVIER
* Le neuvième jour de janvier de l'an 1636, à Dûren, le P. François Knodt donna joyeusement sa vie au service des pestiférés, à l'exemple de celui qui avait sacrifié la sienne pour le salut du monde. Il s'était préparé à cette suprême immolation par un complet détachement de lui-même et une union continuelle de cœur avec Dieu. Chaque jour, avant de monter à l'autel, il se purifiait de ses moindres fautes dans le sacrement de pénitence, afin que nul obstacle n'arrêtât l'effusion de la grâce. Il semblait ne savoir parler que de Dieu. Dans sa dernière maladie, tout autre entretien lui était à charge ; si quelques-uns abordaient un sujet indifférent, il montrait bientôt, par l'expression attristée de son visage, combien de tels discours lui étaient pénibles. Le premier de tous, le P. Knodt introduisit à Diiren l'usage de réunir les enfants pour l'enseignement du catéchisme, et cette pratique produisit les plus heureux fruits. Quand la peste se déclara dans la ville, il s'empressa de s'offrir aux supérieurs. Non content de prodiguer aux malades les secours spirituels, il s'abaissait aux services matériels les plus humbles, jusqu'à laver lui-même leur linge. Il ne tarda pas à tomber dans cette arène meurtrière, à l'âge de quarante ans; il en avait passé seize dans la Compagnie.
Summar. Vit. defunctor. Provinc. Rheii. Infer. {Arch. Rom.). A. G. I. — T. I. — 4