XXIX MARS. P. IGNACE KOEGLER
pouvait faire le jour même. A une humilité profonde, à une mortification continuelle, à une étroite union de cœur avec Dieu, il joignait la plus aimable modestie et simplicité, une exacte observation de toutes nos règles.
Le jansénisme cherchait à s'introduire en Chine et en Cochinchine. Le P. Koegler démasqua ses menées, et travailla de toutes ses forces à en arrêter les ravages, en propageant comme son saint ami, le P. Hinderer, le culte du Sacré Cœur de Jésus à Pékin et dans tout l'empire. Il raconte lui-même qu'en 1724 il intercepta vingt-et-une caisses pleines de petites brochures contre la bulle Unigenitus, venues par la Russie avec la caravane ordinaire, et quelques mois après une nouvelle caisse de brochures semblables apportée par un navire chargé à Ostende. Ces tentatives de l'hypocrite hérésie pour pervertir jusque dans son berceau la nouvelle église, jointes aux persécutions déclarées du paganisme, remplissaient d'amertume le cœur du saint missionnaire. Il expira pieusement, entouré de l'affection de ses frères et vénéré des idolâtres eux-mêmes, dans la soixante-sixième année de son âge et la cinquantième depuis son entrée dans la Compagnie.
Pfister, Notices biographiques et bibliograph.^ n. 292. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten, p. 272. — Sommeuvogel, Biblioth., t. 4, p. 1143. — Stôcklein, Weltbott, passim, nn. 1.57-162, 228, 578, GG8. — Biographie univers., t. 22, p. .518. — Feller, Dictionn. histor., t. 3, p. 748.
* Le vingt-neuvième jour de mars rappelle le souvenir du P. François Xavier Pfyffer, mort à Augsbourg le jour de Pâques de l'an-
née 1750 et né pareillement le jour de Pâques soixante-dix ans auparavant le 21 avril 1680 d'une noble famille de Lucerne. Après les épreuves ordinaires de formation et de régence, le P. Pfyffer fut appliqué au ministère de la prédication. Trente-six années de suite, il occupa la chaire sacrée ; huit ans à la cour du comte palatin de Neubourg et vingt-huit, à l'église cathédrale d'Augsbourg. Pendant cette longue période, bien qu'il prêchât tous les dimanches et toutes les fêtes, son auditoire lui demeura toujours fidèle et lui-même ne se négligea jamais. A soixante-dix ans, il gardait la même vigueur et la même netteté de parole qui étaient ses qualités maîtresses. A l'autorité du langage il joignait l'exemple des vertus religieuses, le zèle de la gloire de Dieu, l'humilité, qui lui fit décliner plus d'une fois des offres séduisantes, une grande simplicité de manières et aménité d'âme qui lui gagnait les cœurs. Le P. Pfyffer vécut cinquante-quatre ans dans la Compagnie.
Franc. Ant. Veith, Bibl. August., vol. 10, p. 55. (Notes du P. de
GuiLHEHMYJ. SOMMERVOGEL, BibUotll. ^ t. 6, /? . 664.