XXX MARS
Le trentième jour de mars de l'an 1636, mourut à Cologne le P. Guillaume de Metïernich, supérieur selon l'esprit de saint Ignace. Il était déjà prêtre quand il entra dans la Compagnie; craignant d'être renvoyé du noviciat, à cause de ses violentes et continuelles douleurs de tête, il avait instamment demandé la grâce d'être appliqué pour toute sa vie aux travaux des Frères Coadjuteurs. Mais cette douloureuse infirmité ne l'empêcha pas de rendre les plus signalés services à sa Province dans le gouvernement de ses frères à Mayence, à Trêves et surtout à Spire, oij il exerça les fonctions de Recteur pendant vingt-deux ans. En même temps, par la pratique des Exercices spirituels, qu'il donnait dans toute leur simplicité et toute leur force, il travaillait à la perfection des Ames et recueillait de grands fruits. Ses relations de famille, aussi bien que sa réputation de vertu, lui permettaient d'inviter les plus hauts personnages de la noblesse et du clergé des provinces rhénanes à s'enfermer dans la retraite. Bon nombre d'hérétiques même, attirés par la curiosité et par le bruit des merveilles qu'on leur racontait, venaient se joindre à eux ; ils ne sortaient du collège qu'après avoir abjuré l'erreur, et s'être décidés à vivre en parfaits chrétiens.
Le P. de Metteniich avait une tendre dévotion pour les souffrances de Notre-Seigneur, et un don de larmes si extraordinaire, qu'il était souvent obligé de s'arrêter au milieu du saint Sacrifice sans pouvoir prononcer une parole. Presque tout le jour il s'occupait de la Passion, suivant les différentes manières de prier et de méditer ; il s'arrêtait à chacune des plaies de Notre-Seigneur et puisait dans cette contemplation un si vif désir de ressembler au Sauveur, qu'à l'âge de plus de soixante-dix ans, il était encore insatiable de veilles, de flagellations et de cilices, comme s'il eût été dans la force de la jeunesse et eût joui de la plus florissante santé. Le P. de Metternich mourut dans la soixante-treizième année de son âge et la quarante-neuvième depuis son entrée dans la Compagnie.
SoTUELLus, Biblioth., p. 317. — Sommervogel, Biblioth., t. 5, p. 1029. Nadasi, Ann. dier. memor.. 30» mart., p. 176. — Patrignani, MenoL, 30 marzo, p. 212. — P. Joseph Hartzheim, S. J., Bibliotheca coloniensis, p^ 109. — Menologium S. J. ( Allemand), 30 mertz, p. 28'"»'.
*Le trentième jour de mars de l'an 1736, mourut au collège Saint- Grégoire à Mexico le P. Jean Gummersbach, de la Province du Bas- Rhin. La lettre circulaire envoyée après sa mort porte ce titre qui est déjà lui-même un panégyrique : a Lettre édifiante par laquelle le P. Antoine Balthasar, Recteur du collège Saint-Grégoire, donne connaissance à tous les supérieurs des maisons et collèges de cette Province, de la vie fervente et des travaux apostoliques du P. Jean Gummersbach, profès des quatre vœux ; le collège la fait publier