I*-- AVRIL
* Le premier jour d'avril de l'an 1628, mourut à Cologne le P. Iberus Fekenius, religieux d'une piété aimable et d'une ravissante aménité de caractère. Nommé compagnon du Maître des novices, on disait de lui qu'il était amor et delicise novitiorum. Chargé ensuite de la chaire de philosophie au collège de Cologne, il ne conquit pas moins l'affection de ses élèves. Il n'usait de son ascendant que pour le bien de leurs âmes. Sa parole avait une efficacité étonnante pour les détacher de l'amour du monde et les embraser du désir de suivre Jésus-Christ par le renoncement et l'humiliation. Une de ses pratiques, lorsqu'il devait commencer l'explication d'un nouveau traité, était d'engager ces jeunes gens à faire la sainte communion pour en obtenir, par la pureté du cœur, une in-
telligence plus facile ; et il en était bien peu qui ne se rendissent à cette pieuse invitation. Le P. Fekenius venait d'entrer avec eux dans l'étude de la niétaph3'sique, lorsqu'il fut brusquement enlevé à l'âge de trente-cinq ans. Treize d'entr'eux prirent aussitôt la résolution de se donner à Dieu dans la Compagnie, et plusieurs allèrent, le jour même des funérailles, frapper à la porte du noviciat.
Summar. vitœ defunct. Provùic. Rheni Inferior. [Archiv. Rom.). — Na- D.vsi, Annus dier. memor.., 1* april., p. 179.
* Le premier jour d'avril de l'an 1747, mourut à Vienne dans la maison du noviciat le F. Thomas Printz, Coadjuteur temporel, « dont personne ne parlait, dit son biographe, même dans les entretiens familier s, où la critique se glisse plus facilement, sans ajouter à son nom les épithètes de saint, bon, incomparable Frère ». Il était né en Silésie d'une famille très chrétienne, et avait fait de bonne heure le vœu de chasteté devant une image de la Mère de Dieu ; puis, pour satisfaire sa dévotion, il avait entrepris le pèlerinage de Rome. Une grande tentation l'assaillit en chemin ; il se demandait ce qu'il deviendrait dans sa vieillesse, s'il restait seul et sans appui ; et il eut la pensée de se faire relever de son vœu et d'entrer dans le mariage. Mais il reconnut bientôt la ruse de l'ennemi et s'empressa de renouveler son engagement. Il en fut récompensé par un redoublement de ferveur et par la vocation religieuse. Il vécut soixante ans dans la Compagnie, laissant douteux, dit encore
1^'" AVRIL. — F. THOMAS PRINTZ; 305
l'annaliste, an ferventius cœperit, constantius perseverarit sanctiusque finierit.
Toutes les vertus des Frères Coacljuteurs brillaient en lui, l'humilité, l'amour du travail et de la prière. On ne saurait dire avec quel soin et quel saint respect il traitait les choses qui lui étaient confiées ; le moindre intérêt de la maison lui était plus cher que son repos et son bien-être. 11 faisait à genoux tous ses exercices de piété ; de là un mal profond et dangereux qu'il dissimula longtemps, mais qu'il dut enfin découvrir ; une opération chirurgicale fut décidée. Le F. Frintz remplissait alors les fonctions de sacristain au collège de Klagenfurt, et l'on touchait à la fête de saint François Xavier. Il se traîna péniblement à la chapelle du grand thaumaturge et avec une confiante simplicité lui demanda de le guérir, afin, disait-il, qu'il pût s'acquitter de son office et parer de fleurs son autel. Il fut exaucé, et le chirurgien n'eut, à son grand étonnement, qu'à constater la guérison. Le F. Frintz s'endormit pieusement dans le Seigneur le soir du samedi saint, quelques heures ^vant la glorieuse résurrection du Sauveur. Il était Agé de quatrevingt-deux ans.
Litterœ ann. Provinc. Auslr.^ anno il kl (Arc/iw. Rom.).