X JANVIER
Le dixième jour de janvier de l'an 1622, le F. Jonas Pernloch- NER mourut au collège de Gratz, où il remplissait depuis vingtdeux ans les pénibles fonctions d'infirmier. Toujours prêt à passer la nuit aussi bien que le jour près de ses malades, il les servait comme il aurait servi Notre-Seigneur, sans jamais rien négliger pour le soulagement de leurs corps et la consolation de leurs âmes ; quand approchait le terme de leur vie, il les entretenait avec tant d'onction et de douceur des souffrances du Sauveur mourant sur la croix et de la joie qu'ils allaient goûter dans le ciel, que l'on regardait comme une grâce très précieuse de rendre le dernier soupir entre ses bras. Non content des fatigues de son emploi, le F. Jonas Pernlochner affligeait encore sa chair par l'usage d'un rude cilice, et n'acceptait aucun des adoucissements que la charité de ses supérieurs lui offrait ; tant il estimait le bonheur de se dépenser au service des membres souffrants de Jésus-Christ! Et cependant il s'accusait sans cesse de mener une vie lâche, indigne, pensait-il, d'un homme qui travaille pour Dieu et pour l'éternité. Il mourut à l'âge de quarante-trois ans et en avait passé vingt-trois dans la Compagnie.
Patrignani, Menolog., 10 genn., p. 100. — Summar. vitœ defunct. Provinc. Austr. (Archiv. Rom.).
X JANVIER. P. JOSEPH WELPONER. 27
Le dixième jour de janvier de l'an 1749 mourut au collège de Trente le P. Joseph Welponer, jeune missionnaire allemand, d'un zèle et d'une perfection consommés. Dès les premiers jours de sa vie religieuse, il n'était connu que sous le nom du saint novice. La prière et la mortification lui firent faire en peu de temps d'admirables progrès. Avide de souffrances pour Jésus-Christ, il s'exposait à toutes les intempéries des saisons, ne s'approchait jamais du feu et se flagellait d'ordinaire jusqu'au sang. L'obéissance lui fit seule déposer un peu avant sa mort le rude cilice qu'il avait obtenu la permission de porter habituellement, même au temps de ses études. Il avait demandé les missions des Indes ; mais il dut renfermer d'abord son zèle dans l'enceinte d'une petite classe de grammaire au collège de Trente. Il s'y dévoua tout entier au salut et à l'instruction de ses élèves. Les jours de dimanches et de fêtes, et pendant les vacances, il parcourait à pied les villages voisins, et du haut d'un rocher ou de quelque tronc d'arbre, il enseignait le catéchisme et les plus belles pratiques des vertus chrétiennes au peuple qui accourait à ses leçons. Ces pauvres gens le vénéraient comme un apôtre, comme un homme de miracles.
Un jour à la fin de son instruction, le P. Welponer les fit mettre à genoux pour supplier la sainte Vierge d'éloigner d'eux un fléau qui les menaçait. Le soir môme un ouragan de grêle ravageait les campagnes environnantes, sans toucher au village que l'homme de Dieu venait de mettre sous la protection de Marie. Le P. Joseph Welponer était à peine âgé de trente-six ans, lorsqu'il
fut emporté par la mort ; mais sa vie avait été pleine de bonnes œuvres ; et dans tout le pays de Trente, sa mémoire demeura longtemps en bénédiction. 11 avait passé seize ans dans la Compagnie.
BoERO, MenoL, 10 gcnn., p. 198. — Necrolog. Provinc. German. Superior. anno 1749 [Archiv. Rom.).