VIT AVRIL. — P. MARC MARIANI
Hongrie. II dirigeait vers elle ceux de ses pénitents qui lui paraissaient appelés de Dieu à pratiquer sa règle. A la première nouvelle qu'il était gravement malade et en danger de mort, l'empereur s'empressa d'aller le visiter et voulut encore se confesser à lui et recevoir l'absolution de sa main. En sortant de la maison, il dit avec tristesse que Dieu lui retirait celui qui avait été deux fois son père, in litteris et in spiritu. Le P. Miller mourut à l'Age de soixante-trois ans ; il en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.
Suminar. vitas defunctor. Provinc. Austr. (Arc/ià>. Rom.). — Sotuellxjs, Biblioth., p. 711. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 230. — Som- MEHvoGEL, BibUot/i., t. 5, p. 1097.
* Le septième jour d'avril de l'an 1678, mourut à Neuhaus le P. Marc Mariani, d'une noble famille de Krummau en Bohême. Il était venu au monde les pieds contournés et tout le corps contrefait. Ses parents affligés le recommandèrent à la très sainte Vierge, dont l'image, honorée dans un sanctuaire voisin, était célèbre par une multitude de grâces extraordinaires. Leur confiance ne fut pas déçue : à part une légère claudication qui lui demeura toujours, la taille et les pieds de l'enfant se redressèrent, et en reconnaissance de cette guérison, son nom de Schneidler fut changé en celui de Mariani, sous lequel il demeura connu depuis. A seize ans, Marc Mariani entra au noviciat de Brûnn, apportant à la Compagnie avec une grande piété les plus heureuses qualités du cœur et de l'esprit. Les premières charges de la Province ne tardèrent pas à lui être confiées ; il les remplit avec un dévouement et une générosité
qui ont fait dire à son biographe qu'il avait toujours les mains et le cœur ouverts pour tout le inonde, même pour ses ennemis. La Providence le lui rendait bien ; jamais la maison professe de Prague ne reçut plus d'aumônes que lorsqu'il en était supérieur.
Mais le ministère propre du P. Mariani fut celui de la prédication ; pendant trente-trois ans, il occupa les principales chaires de l'empire, à Vienne, à Prague, à Gratz, à la cour. Partout ses talents oratoires lui ménagèrent de véritables triomphes ; il ne connut pas un échec ; comme il en fait lui-même la remarque, prospéra omnia per tôt annorum seriem [acciderwit] . Une bonne fortune si constante n'était pas sans péril pour l'humilité du religieux. Dieu toujours attentif au bien de ses élus, en arrêta brusquement le cours et ne refusa pas la bénédiction de l'épreuve à son serviteur. Ce fut d'abord une accusation calomnieuse ; puis, dans ses dernières années, un affaiblissement graduel de ses forces qui le condamna au silence et à une sorte d'oubli. Le P. Mariani supporta cette double épreuve avec une patience invincible et qui tenait du prodige, ad miraciiliini, dit sa notice. Après avoir occupé si longtemps les discours et l'attention des hommes, il se réjouit d'être compté pour rien et de n'avoir plus à penser qu'à Dieu. Il passait ses longues journées à prier et à lire les vies des saints. Ses dernières paroles furent celles du bon larron sur la croix : « Domine, mémento mei ; Seigneur, souvenez-vous de moi » (Luc, 23, 42). Le P. Mariani était âgé de soixante-neuf ans ; il en avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunct. Provinc. Bohem. (Archù>. Rom.). — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, lib. 5, n. 123, p, 536.