‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 193 sur 327 · XIV AVRIL. — P. JEAN COPPERUS · texte numérisé non relu

XIV AVRIL. — P. JEAN COPPERUS

Vierge. Fidèle jusqu'à la mort à l'esprit de la Compagnie, il refusa toujours, même après le bref de Clément XIV, les dignités et les bénéfices que lui offrait l'impératrice Marie-Thérèse; il donnait aux pauvres tout ce qui ne lui était pas indispensable pour vivre, et c'est à peine s'il laissa de quoi payer les frais de sa dernière maladie. Il mourut à l'âge de soixante-douze ans.

Stôger, Scriptor. Provinc. Austriacse, p. 128. — C.vballero, Biblioth. Scriptor. Soc. Jesu, supplément, l"'", p. 152. — Sommeiivogel, Biblioth., t. 4, p. 237 et suiv, — Feller, Dictionn. histor., t. 3, p. 491. — Chéti- KEAU-JoLY, Histoire de la Compagnie de Je'sus, t. 5, ch. 6, p. 374.

* Le quatorzième jour d'avril de l'an 1636, mourut à Cologne le P. Jean Copperus de Liinen en Westphalie, Recteur des collèges de Munster, de Cologne, de Spire et de Fulda ; et à la division de la Province du Rhin, dont il avait le gouvernement, premier Supérieur de celle du Haut-Rhin. Au milieu des préoccupations de tant de charges importantes, le P. Copperus ne perdait jamais de vue sa perfection ; il la plaçait dans l'accomplissement entier de ses devoirs et l'observation de toutes ses règles ; mais du reste, au témoignage de ceux qui vécurent longtemps avec lui, il n'apportait à cette régularité ni affectation ni rigueur chagrine. Recteur ou Provincial il s'efforçait d'entretenir parmi ceux qui lui étaient confiés la dilatation du cœur, l'union et l'amour du travail. Lui-même donnait l'exemple, et autant que ses occupations pouvaient le lui permettre, il prenait sa part du ministère apostolique.

Le P. Copperus fonda deux belles congrégations à Cologne, l'une de prêtres, l'autre d'hommes du monde. Celle-ci, composée au début de trois membres seulement qui tous entrèrent ensuite dans la Compagnie, ne tarda pas à se développer, et en quelques années atteignit le chiffre de quatre cents associés. Pour maintenir et fortifier parmi eux les habitudes et l'esprit de piété, stimuler la fidélité aux réunions et la fréquentation des sacrements, le zélé directeur établit certains règlements qui d'abord parurent un peu sévères, mais furent bientôt approuvés par tous et contribuèrent pour une large part à faire de la congrégation une école de vertu. Le P. Copperus mourut à l'âge de soixante-treize ans, dont il avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.

Summar. vitx defunctor. Provinc. Rheni Infer. {Arch. Rom.). — Som- MERVOGEL, BibUoth., t. 2, />. 1407.

* Le quatorzième jour d'avril de l'an 1681, mourut à Brûnn le P. Luc Spannauer, né en Moravie, religieux d'une admirable humilité, mort à toute satisfaction naturelle et l'apôtre des pauvres. Même avant d'entrer dans la Compagnie, à l'âge de vingt-six ans, c'était déjà sa coutume de consacrer plusieurs heures chaque nuit à la prière et d'interrompre son sommeil par une rude flagellation. Admis au noviciat, sa ferveur ne fit que redoubler. Il prit l'inébranlable résolution de ne voir en toute chose que la volonté de Dieu, et de la suivre toujours, sans souci ni du blâme ni de

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l'approbation des hommes, s'il ne pouvait éviter l'un ou acheter l'autre qu'en déplaisant à Dieu. Ses préférences allaient aux ministères les plus humbles et les plus pénibles ; il s'y portait avec une promptitude et une ardeur merveilleuses. C'était le fruit de la méditation fréquente des abaissements du Sauveur. A Briinn, où il remplit les fonctions de catéchiste et toutes celles d'un ouvrier de la Compag-nie, il convertit un grand nombre de juifs, d'hérétiques et de pécheurs déclarés.

Il aimait à visiter les pauvres surtout ceux des faubourgs parmi lesquels la misère est plus grande, la privation des secours religieux plus absolue. Un Père, désireux de beaucoup travailler pour Notre-Seigneur, lui demandait un jour vers quelle classe de personnes il devait porter son zèle de préférence: « Allez aux faubourgs, lui répondit l'homme de Dieu, et près des remparts ; c'est là, dans les réduits, dans les masures des pauvres, que vous pouvez espérer du fruit ; au centre, dans les maisons qui donnent sur la place publique, n'en attendez que peu ». Deux fois, le P. Spannauer se dévoua au service des pestiférés. Là encore, c'est aux plus malheureux qu'il se donne avant tout, à sa chère population des faubourgs. Il se multiplie pour subvenir à tous les besoins ; il ne connaît de repos ni. jour ni nuit ; et quand on l'invite à se ménager, il répond en fidèle disciple du divin Maître dont le zèle et la charité le consument : « Ma nourriture, c'est de venir en aide aux âmes ». Dans le désarroi qui accompagne d'ordinaire ces terribles calamités, il cherche à mettre un peu d'ordre, grâce à son sang-froid et à l'autorité dont il jouit. Plus tard, les magistrats chargés de la santé publique, déclarèrent hautement que si le fléau n'avait pas sévi plus longtemps et fait plus de victimes, on le de-

vait à la vigilance du P. Spannauer et aux sages mesures prises sous son inspiration.

Cependant les forces de l'homme de Dieu ne résistèrent pas à tant de fatigues ; il tomba malade. Le bruit s'en répandit dans la ville et y jeta la consternation. Bientôt même on ajouta que le Père était déjà mort et que les Jésuites, pour éviter une manifestation, l'avaient enterré furtivement. A cette nouvelle, une sorte de sédition éclata ; le peuple se plaignit bruyamment et avec menaces qu'on lui eût refusé la consolation de voir celui qu'il appelait son père. Il fallut le rassurer. Mais quand, peu de jours après, la mort n'eut été que trop réelle, la douleur unanime se fît jour de la manière la plus touchante ; les pauvres surtout versaient des larmes presque inconsolables : « Nous avons perdu notre père, disaient-ils, le saint, le père de nos âmes ». Le P. Spannauer était âgé de quarante-cinq ans.

Sunimar. vitse defunctor. Provinc. Bohem. [Archiv. Rom.).

* Le quatorzième jour d'avril de l'an 1740, mourut à Pékin le F. François Stadelin, Coadjuteur temporel, né à Zug en Suisse, et entré au noviciat de Brûnn en Bohême à l'âge de vingt-neuf ans. II avait appris l'horlogerie dans sa jeunesse et s'était formé à l'école des meilleurs ouvriers à Ulm, Vienne, Prague, Kônigsberg, Dresde et Berlin ; il était devenu lui-même fort habile dans cet art et, ce qui vaut mieux, parmi tant de dangers dans des pays hérétiques, il n'avait rien perdu de l'ardeur de sa foi et de sa pié-

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