‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 194 sur 327 · XIV AVRIL. — F. FRANÇOIS STADELIN · texte numérisé non relu

XIV AVRIL. — F. FRANÇOIS STADELIN

té. Après dix-huit ans passés en Bohême dans les différents emplois de son degré, il partit pour la Chine en compagnie du P. Gaspar Castner, qui retournait dans cette mission avec les apôtres qu'il était venu recruter en Allemagne.

Arrivé à Pékin en 1707, son savoir-faire et son génie industrieux le firent bientôt connaître et lui concilièrent les bonnes grâces et l'affection de l'empereur Gang-Hi lui-même. Le F. Stadelin n'en conçut ni vanité ni ambition ; il n'avait en vue dans ses travaux que la gloire de Dieu, l'honneur de notre sainte foi et la propagation de l'Evangile. Aussi plaçait-il toujours ses exercices spirituels au premier rang ; quelles que fussent ses occupations, jamais il ne se permit de les abréger, beaucoup moins de les omettre. Animé d'une tendre dévotion envers la sainte Vierge, il récitait chaque jour son office et jeiinait tous les samedis en son honneur. D'une nature ardente et prompte à s'emporter, il en avait, à force de courage et de vigilance sur lui-même, merveilleusement réprimé les saillies. Si parfois cependant quelque acte ou parole d'impatience lui échappait, il disait humblement et agréablement, en empruntant une image à sa profession d'horloger : « Voilà le ressort de ma montre cassé; hâtons-nous de le raccommoder ».

Le mercredi saint, veille du jour où il devait aller au ciel recevoir sa récompense, le F. Stadelin, malgré son grand âge, paraissait plein de santé. Après avoir longtemps prié dans l'église, il fit sa confession pour se préparer à la communion pascale du lendemain ; puis il plaça sur son prie-Dieu son livre de méditation ouvert au mystère du jour, disposa la chaîne de fer sans laquelle il ne recevait jamais le corps de Notre-Seigneur et s'étendit sur sa couche pour prendre quelque repos. Un peu après minuit, le

domestique qui occupait la chambre voisine l'entendit pousser de profonds soupirs et d'une voix entrecoupée invoquer le nom de Jésus. Il se hâta d'avertir un prêtre; et quelque temps après, le saint Frère, fortifié et purifié une dernière fois par la vertu de l'absolution, s'endormit doucement dans la paix du Seigneur. Il était âgé de quatre-vingt-deux ans et en avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.

Elogium Francisci Stadelin, Coadj. tempor. S. J.; ex litteris P. Aug. Hellerstein, Miss, in China (Welt-Bott, P. xxx, p. 9.5 {Archiv. dom.). Le P. Hellerstein ne fait guère que citer la lettre du P. Ign. Koegler, sur la vie et la mort du F. Stadelin. — Pfister, Notices biogr. et bibliogr., n. 275. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten...., p. 212.

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