‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 196 sur 327 · XVI AVRIL · texte numérisé non relu

XVI AVRIL

Le seizième jour d'avril de l'an 1605, mourut à Trêves le F. Régnier Stratz. Il avait été reçu comme Coadjuteur temporel dans la Province du Bas-Rhin et se rendait à pied de Cologne au noviciat de Trêves lorsque, dès le premier jour de son voyage, un mal subit et fort dangereux le mit dans l'impossibilité d'aller plus loin. En proie à de cruelles douleurs, dans une pauvre masure où Ton ne pouvait lui donner aucun soulagement, il passa la nuit à prier instamment la très sainte Vierge de ne pas le laisser mourir avant qu'il fût au nombre des enfants de la Compagnie. Tout à coup Notre-Dame lui apparut, environnée de lumière, et lui rendant les forces nécessaires pour achever sa route : « Mon fils, lui dit-elle, vous arriverez au terme de vos désirs ; mais sachez que je reviendrai bientôt avec les anges pour emporter votre âme dans le paradis ! » Douze jours seulement après son admission au noviciat de Trêves, le samedi de Pâques, le F. Stratz expirait joyeusement au milieu de ses frères, en disant V Alléluia.

Patrignani, Menol. 16 april., p. 146. — Nadasi, Ann. dier. niemor.,

16» april., p. 211. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Infer., p. 407.

— Litler. ann. Societ. anno 1605, p. 661.

* Le seizième jour d'avril de l'an 1618, mourut à Munich le P. Emméran Welser né à Stuhlfeld dans -le diocèse de Salzbourg, créateur d'une œuvre peu considérable en apparence, dit l'historien de la Province de Haute-Allemagne, mais qui a rendu les plus grands services à la cause catholique. Le P. Welser ne pouvait voir sans douleur les hérétiques jeter partout dans les villes et les campagnes à un prix dérisoire et souvent pour rien une multitude de petits traités, brochures, feuilles volantes, qui ruinaient la foi des catholiques et souvent corrompaient leurs mœurs.

A cette propagande de l'erreur et du mal, il résolut d'opposer la propagande du bien et de la vérité, et par les mêmes mo3'ens. Laissant de côté les gros livres, qui coûtent cher et que le peuple n'a pas le temps de lire, il sema à son tour à pleines mains la bonne presse sous forme d'opuscules de dogme, de morale et de piété. L'œuvre, commencée en 1391, se développa peu à peu. Le P. Welser conçut le projet d'en faire une institution durable en lui assurant des revenus. Son père et son frère furent ses premiers souscripteurs ; le duc Maximilien de Bavière, les seigneurs de la cour, les évêques et les autres dignitaires ecclésiastiques apportèrent aussi leur offrande, et enfin l'œuvre fut constituée à Munich en 1604, sous le nom à'Eleeniosyiia aurea, approuvée solennellement par le Père Provincial, et par les deux Pères Généraux Claude Aquaviva et Mutins Vitelleschi.

Des institutions semblables se formèrent sur son modèle dans les principaux centres littéraires de l'Allemagne, Dillingen, Ingolstadt. Constance, Wurtzbourg, Cologne, Gratz, Tyrnau, Vienne ; centquarante ans plus tard, l'historien de la Province de Haute-Aile-

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