‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 197 sur 327 · XVI AVRIL. — P. MATHIAS PEHM · texte numérisé non relu

XVI AVRIL. — P. MATHIAS PEHM

magne pouvait écrire que VEleemosyna aurea était encore vivante et ne cessait de produire les plus heureux fruits pour la conservation des mœurs et de la foi catholique. A l'époque de la suppression de la Compagnie, elle avait pour directeur à Munich le célèbre P. Mathias Von Schoenlierg. Le P. Welser continua de s'en occuper avec ardeur jusqu'à son dernier jour, sans négliger néanmoins les autres ministères apostoliques. Il endura de grandes fatigues dans les missions et, pour sauver les âmes, ne craignit pas, dit-on, de s'exposer même à des périls de mort. Tourmenté vers la fin de sa vie par de violentes douleurs de goutte, il ajoutait encore à ses souffrances de rigoureuses flagellations. 11 expira très saintement dans la cinquante-neuvième année de son âge et la trenteseptième depuis son entrée dans la Compagnie.

Franc. -Xav. Kropf, S. J., Histor. Provinc. Gernian. Super., t. 4, p. 22. — SoTUELLus, Biblioth., p. 195. — Sommervogel, Bibliolh., t. S, p, 1062; t. 7, p. 841, article Schoenberg.

* Le seizième jour d'avril de l'an 1758, mourut dans la résidence de Stuhlweissemburg en Hongrie le P. Mathias Pehm, l'apôtre des pauvres et des moribonds, laissant une mémoire en bénédiction. Il demeurait à jeun des journées entières auprès des malades pour les préparer au redoutable passage. Il savait si bien les consoler, les encourager qu'il n'était presque personne qui ne voulût l'avoir à son chevet à sa dernière heure. Les environs de la ville étaient habités par une population inculte et ignorante, remplie de préjugés si ridicules que la seule vue d'un religieux la mettait en fui-

te. Le p. Pehm alla à ces natures farouches et ombrageuses, et les gagna si complètement, qu'il s'en fit aimer comme un père. Il devait cet ascendant à ses prières, à l'implacable rigueur avec laquelle il se traitait lui-même, au parfum de sainteté qui s'échappait de sa personne et attirait à l'autel où il célébrait une foule toujours nombreuse, jalouse de s'édifier de sa vue et de recevoir la communion de sa main.

Sa dernière maladie et sa mort à l'âge de trente-neuf ans montrèrent avec éclat à quel point il était aimé et vénéré. A la nouvelle que sa vie était en danger, toute la ville se mit en supplication, comme si chacun eût été menacé de perdre son propre père ; et quand il eut succombé le jour même qu'il avait annoncé d'avance, il fallut l'exposer en public, afin que tous pussent le voir encore une fois. « Le lendemain, ajoute l'annaliste, la cérémonie des funérailles se fit au milieu d'une afïluence incroyable ; l'église retentissait non seulement de sanglots, mais de véritables cris de douleur, ululatus magis quant planctus toto templo personuit ». Le P. Pehm avait passé vingt ans dans la Compagnie.

Lilterœ ann. Provinc. Austr., ann. 1758 (Archiv. Rom.).

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