‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 21 sur 327 · XII JANVIER. P. PAUL EDELMILLER · texte numérisé non relu

XII JANVIER. P. PAUL EDELMILLER

poteau auquel il devait être attaché, et sa tête fut abattue d'un seul

coup de cimeterre. Il était ag-é de trente-huit ans, et en avait passé six dans la Compagnie.

De Guilhermy, Ménologe de l'Assist. de Portugal^ i"'' partie, 12 janv., p. 40. — Lettres édifiantes, i^'" e'dil., 24<= recueil, p. 92-175 ; ibid., E pitre, p. vu. — De Montézox, Mission de la Cochinchine et du Tonkin, p. 313. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten, p. 285. — SommervoGEL, Biblioth., t. 4, p. 1219. — Boero, Menolog., 12 genn., p. 221.

* Le douzième jour de janvier de l'an 176o, au collège de Krems, mourut le P. Paul Edelmiller, de la Province d'Autriche. Professeur de rhétorique à Presbourg et à Gratz, de philosophie et de théologie morale à Passau et à Lintz, compagnon du Maître des novices à Trentschin et enfin ministre à Leoben et à Krems, il se montra partout fidèle à lui-même, homme de prière et d'abnégation. Le jour où il se revêtit des livrées de saint Ignace, il déclara une guerre implacable à la nature. Pour lui, comme par une sorte de droit, les choses les plus viles et les plus usées ; il mettait à se les procurer plus d'empressement et de sollicitude que les moins mortifiés à les éviter. D'un tempérament de feu, il en avait si bien dominé les saillies qu'on l'eût cru insensible à la colère. Avec une santé délicate, il ne laissait pas de traiter son corps comme un ennemi irréconciliable. 11 marchait toujours armé d'un âpre cilice, et si le Frère infirmier ne le lui avait enlevé dans son agonie, il l'aurait emporté avec lui au tombeau.

A mesure qu'il se dégagait de lui-même, le P. Edelmiller se rapprochait de Dieu. Sa conversation était véritablement au ciel. Il re-

connaissait devoir à la très sainte Vierge toutes les grâces dont il avait été comblé. Mais rien n'égalait sa dévotion au Saint Sacrement. Aussi souvent qu'il le pouvait, il passait de longues heures en adoration au pied du tabernacle : il trouvait là sa consolation et son repos. La veille de sa mort, il puisa dans son amour pour le Sauveur le courage et la force de monter encore une fois à l'autel, et il se nourrit lui-même de celui qui est le viatique des mourants. Il expira pieusement à l'âge de quarante-sept ans ; il en avait passé trente-et-un dans la Compagnie.

Litterx annux Provinc. Austr., ann. 1765 (Archiv. Rom.}. — Stôger, Biblioth. Provinc. Austr., p. 68. — Sommervogel, Bibliotli., t. 3, p. 335.

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