‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 22 sur 327 · XIII JANVIER · texte numérisé non relu

XIII JANVIER

Le treizième jour de janvier de l'an 1733, le P. Antoine Sepp, originaire du Tyrol, mourut dans les missions du Paraguay, à l'âge de soixante-dix-huit ans dont il avait consacré plus de soixante au service de Dieu dans la Compagnie, et de quarante à la conversion des Indiens. Les belles relations de ses travaux et les hommages rendus à sa mémoire par les Espagnols eux-mêmes, le placent au premier rang des apôtres, des civilisateurs et des thaumaturges du Nouveau-Monde. II ne manqua pas cependant de persécuteurs qui le chargèrent des plus infâmes calomnies et le firent retirer ignominieusement d'une de ses réductions ; mais pendant cette tempête, et après la manifestation solennelle de son innocence, le P. Sepp ne prononça jamais une parole qui renfermât la plus légère allusion à l'indigne conduite de ses ennemis. Travailler ou souffrir, selon le bon plaisir de Dieu, semblait avoir pour lui les mêmes charmes ; il put dire en toute vérité au lit de la mort : « Depuis que je suis entré dans ce pays, je ne crois pas y avoir seulement remué une tuile par un autre motif que celui de l'amour de Dieu ».

Quand il désirait obtenir quelque grâce extraordinaire, il invitait

toutes les mères à venir avec leurs petits enfants, et il faisait prier ces innocentes créatures pour obtenir le miracle dont la réduction avait besoin. Dans un temps où une sécheresse brûlante mettait en péril les récoltes de l'année, un jeune enfant vint à mourir. L'homme de Dieu réunit tout le peuple pour lui faire des funérailles magnifiques. Avant de le déposer dans la terre, il le prit entre ses bras, et à haute voix, conjura cette Time bienheureuse, par le bonheur dont elle jouissait déjà dans la compagnie des anges, d'intercéder pour ses parents, pour ses amis, et pour cette multitude d'enfants qui lui ressemblaient par la grâce du saint baptême, et que la famine menaçait de moissonner dans leur première fleur. Les Indiens, émus de ce spectacle, n'avaient pas encore quitté le cimetière, que le ciel s'était couvert de nuages ; la pluie tombait en abondance et toutes les moissons étaient sauvées.

BoERo, Menolog., 13 genn., p. 259. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1129. — P. G.vROL. Pla.tzweg, s. j., Lebcnsbilder deutscher Jesuiten in auswardgen Missionen, Paderborn. 1882, pp. 155-170.

Le treizième jour de janvier de l'an 1795, mourut, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, le P. Ignace Rhomberg, dernier Assistant d'Allemagne dans l'ancienne Compagnie, et désigné par le P. Laurent Ricci pour lui succéder en qualité de Vicaire Général. Ce vénérable vieillard eut une part de choix dans les tribulations et les outrages prodigués aux enfants de saint Ignace. Enfermé au château Saint-Ange, sans pouvoir, durant huit mois, parler même à ses gar-

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