‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 230 sur 327 · IV MAI. — P. JOSSE WOLLENBERGER · texte numérisé non relu

IV MAI. — P. JOSSE WOLLENBERGER

p. 93, 94. — Histor. Provinc. Gerinan. Super., t. 1, n. 127, p. 54, 55.

— SoTUELLus, Bihlioth., p. 537. — Sommervogel, Biblioth., t. 1, p. 631.

— Patrignani, MenoL, 2 mngg., p. 7.

* Le quatrième jour de mai de l'an 1733, mourut à Ma3'ence, dans la maison du noviciat, le P. Josse Wollenberger, né en Franconie, insigne prédicateur de la Province du Haut-Pthin pendant plus de trente ans. Sa troisième année de probation à Alt-Oetting fut le point de départ d'une vie nouvelle. Il avouait lui-même qu'à cette école du cœur, sous l'influence toute-puissante de la Reine du ciel honoi'ée en ce lieu par le concours et la dévotion des pèlerins, il s'était pleinement ranimé dans l'esprit de sa vocation. Dès lors en effet on vit briller en lui avec un éclat non commun toutes les vertus d'un ouvrier de la Compagnie, un zèle des âmes qui ne reculait devant aucune fatigue ; une humilité profonde qui non seulement ne recherchait pas la louange, mais la repoussait avec une sorte d'horreur; une mortification si rigoureuse et si universelle, qu'elle lui fit donner le nom de mortifie. Pendant plusieurs années, il s'interdit l'usage de la viande et du pain de froment. Aussi, ajoute le biographe, ne faut-il pas s'étonner que le P. Wollenberger fut un homme d'oraison. Sa prière était continuelle.

Quand ses forces afl'aiblies ne lui permirent plus de soutenir les travaux de l'apostolat, il fut chargé d'abord de la direction spirituelle de ses frères, et ensuite nommé compagnon du Maître des novices à Mayence. La seule vue de ce vieillard, qui s'était consumé au service de Notre-Seigneur, était une leçon pour ces jeunes gens et la plus persuasive des exhortations à se dépenser

à leur tour sans réserve à l'honneur du même Maître. Le P. Wolienberger mourut à l'âge de soixante-dix ans ; il en avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.

Lîtterae ann. Provinc. Rheni Super, ann. 1733 (Archiv. Rom.).

* Le quatrième jour de mai de l'an 1737, mourut dans la mission du Maragnon le F. Jean Treûer, Coadjuteur temporel, de la Province d'Autriche. Lorsqu'il était encore jeune religieux à Vienne, le Père spirituel du collège, Ignace Querck, maître insigne dans les voies de Dieu, avait été frappé de sa vertu et de son ardeur à se mortifier. 11 lui demanda de mettre par écrit la liste de ses pénitences et de la lui présenter. Le F. Treûer obéit avec simplicité comme à un ordre de Dieu. Voici quelques-unes de ces pratiques conservées par l'annaliste de la Province d'Autriche à l'honneur, dit-il, de celui qui en avait fait sa règle habituelle et pour servir de stimulant à ses frères dans la même vocation.

(( Dans ma chambre, quand je lis ou écris, je me tiens à genoux ou debout, jamais assis. Je fais tous mes exercices de piété à genoux, sans appui. Souvent pendant la journée, je mets du fiel dans ma bouche et je le savoure aussi longtemps que possible. A table, je tiens les mains un peu élevées sans les laisser reposer sur la nappe. Quelque faim qui me presse, je ne dépasse jamais la mesure que je me suis fixée. En hiver, je ne mets jamais de manteau. Je prends la discipline tous les jours et porte le cilice pendant deux heures. Je voudrais, si cela m'était permis, n'user jamais

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