XXII MAI. — P. GODEFROI DE LAIMJBECKHOVEN
Summar. vits} defunctor. Provinc. Bohem. (Archiv. Rom.}. — Grugerius, Sacri Piilveres Bohem., 22^ maii, p. 135. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, 4 et 5, Cf. Indic.
* Le vingt-deuxième jour de mai de l'an 1787, dans la chrétienté de Tong-kia-hang près de Sou-tcheou en Chine, s'éteignit très saintement, après un demi-siècle de travaux dans les missions de la Compagnie de Jésus au Céleste-Empire, Monseigneur Godefroi de Laimbeckhoven, de la Province d'Autriche, évêque de Nankin depuis trente-deux ans. Il était né à Vienne d'une riche et noble famille ; à quinze ans, foulant aux pieds de brillantes espérances, il avait demandé une place parmi les enfants de la Compagnie. Seize années plus tard, il arrivait en Chine, après avoir fait sa profession solennelle à Lisbonne, et en quatre années d'apostolat il convertissait et baptisait de sa main dix-sept cents idolâtres. Ses forces s'altérèrent bientôt dans un travail excessif et continuel. Les supérieurs lui proposèrent d'aller se réunir aux missionnaires que l'empereur retenait à Pékin auprès de lui; il les conjura de ne point le séparer de ses chrétiens, dût-il mourir au milieu d'eux.
Cependant loin de s'alléger, son fardeau ne tarda pas à s'appesantir encore. Le P. de Laimbeckhoven fut d'abord nommé Visiteur de la mission, et peu après choisi pour remplacer l'évêque de Nankin, qui venait de mourir. De plus, dans ce temps-là même une violente persécution s'était déchaînée contre les chrétiens et avait semé l'épouvante parmi eux. A peine sacré à Macao en 1755, le nouvel évêque se jeta dans une barque et pénétra furtivement dans son église désolée. Mais ses néophytes affolés par la peur hésitent à le recevoir, et pendant près de trois ans il est condamné, pas-
teur méconnu, à errer de village en village, sans trouver, comme il l'écrivait lui-même, un lieu où reposer sa tête. Les croix s'ajoutent aux croix. A la mort de l'évêque de Pékin, l'administration de ce diocèse lui est confiée jusqu'à la nomination d'un titulaire, et il la garde pendant vingt ans.
- La suppression de la Compagnie lui apporte une épreuve incomparablement plus pénible. Quand le bref de Clément XIV arrive entre ses mains en 1775, c'est lui, jésuite depuis plus d'un demisiècle, qui est chargé de le notifier à ses frères. Fils dévoué de la sainte Eglise et de saint Ignace, il obéit sans laisser échapper un murmure et refoule au fond de son âme la douleur qui l'accable. Douze années encore, le courageux évêque continua de se dépenser dans cette vigne ingrate, au milieu de contradictions de toute nature ; à la fin, il demeurait seul avec un Père portugais plus âgé que lui, pour administrer sa vaste mission qui, malgré ses pertes, ne comptait pas moins de trente mille chrétiens. La pensée de l'abandon oii il devait bientôt laisser tant d'àmes le remplissait de tristesse et d'inquiétude ; à défaut de missionnaires à leur donner, il s'appliqua du moins à former des catéchistes capables, lorsqu'il aurait disparu, d'instruire et de soutenir les fidèles, en attendant des temps meilleurs. Enfin sentant ses forces défaillir, Monseigneur de Laimbeckhoven se retira dans la chrétienté de Tong-kia-hang ; et c'est là qu'il remit à Dieu sa sainte âme, à l'âge de quatre-vingts ans, soixante-cinq ans après son entrée au noviciat.
Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 201. — Sommervogel, Biblioth.^ t. 4, p. 1380. — Stôcklein, Der neue Welt-Bott, nn. 554, 592, 672, 677 etc.. — Pfister, Notices biograph. et bibliogr., n. 354. — Christ. VON MuRR, Journal, t. 11, yW. 193, Litterœ episc. Noiikin. Godefridi de Laimbekhoven, s. J. datœ 25 j'ul. 1780 ad P. Timoth. de Oliveira...