‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 32 sur 327 · XVIII JANVIER · texte numérisé non relu

XVIII JANVIER

Le dix-huitième jour de janvier de Tan 1S88, mourut à Cracovie le P. Philippe Widmanstadt, d'Ulm dans le Wurtemberg. Il était alors supérieur de la résidence de Sainte-Barbe, et avait été auparavant chancelier de l'université de Vilna. « Il est vénéré de tous, écrivait au P. Aquaviva le Provincial de Pologne, et mérite de l'être, car c'est un parfait religieux. Il fait à Vilna le travail de trois ouvriers. Bien qu'il ait été Recteur pendant douze ans, il donne à tous les membres de cette université, et jusque dans les plus petites choses, d'admirables exemples d'obéissance et d'amour de la sujétion. Il est si humble qu'il se croit uniquement digne de mépris, et pense que tout le monde l'en reconnaît digne en effet. J'ai dû lui interdire de méditer sur son néant, de peur qu'il n'excédât dans rabaissement de lui-même. Sa vie est pour nous tous d'une merveilleuse édification ». Et plus tard, annonçant au Père Général la mort du serviteur de Dieu: « Notre-Seigneur Jésus, disait encore le môme Père, vient de délivrer le P. Philippe Widmanstadt, et de le rappeler h lui comme un de ses anges ; car il l'était en réalité ».

Près de trente ans auparavant, les informations de la Province d'Autriche lui avaient donné le même nom, en ajoutant qu'il était

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dès lors le modèle de tous ses frères, et que l'on ne pouvait trouver de paroles pour le louer dignement. La sainte vie de nos premiers Pères envo3^és à Vienne par saint Ignace, lui avait gagné le cœur, dès l'àge de treize ans ; il s'était senti attiré vers eux, comme il le racontait dans la suite, en les voyant, parmi les plus violentes tempêtes, au milieu des persécutions et du dénuement de toutes choses, toujours calmes et dans la joie, parce qu'ils avaient toujours le cœur en Dieu. Le P, Widmanstadt mourut à l'Age de quarantesix ans ; il en avait passé trente-deux dans la Compagnie.

S.vccHiNus, Histor. Societ. Jesii, part, a», lib. 8, n. .30, p. 371. — P. A>Tox. SocHERus, S. J., Histoiia Provincia' Auslria;, 1740, l. 2, p. Gl. — P.VTiuGXAM, Menol., 18 genn., p. 1G7. — Scriptores rerum polonicaruin. t. 7, Cracoi'ia\ 1881, nnno 1587, p. 113.

Le dix-huitième jour de janvier de l'an 1G37, mourut h Ingolsladt le P. OswALD Coscan. Pour s'exciter à la perfection dont il donna d'admirables exemples dans les emplois de professeur et de Père spirituel, il avait toujours devant les yeux les maximes suivantes, écrites de sa main et qui, au témoignage de ceux qui vécurent avec lui, furent la règle constante de sa vie : « A l'article de la mort, que voudrais-je surtout avoir fait ? — Je voudrais avoir observé très exactement toutes mes règles, car c'est sur elles que je serai jugé ; avoir pratiqué une continuelle mortification, car c'est elle principalement qui fait surmonter les obstacles à la perfection religieuse. Je voudrais n'avoir jamais perdu mon temps, et, en particulier, avoir toujours passé religieusement celui de la récréation ; A. G. I. — I. — 8.

avoir observé le silence avec grand soin, et toujours fait quelque chose d'utile pour la sanctification de mon âme ou le salut de mon prochain. Enfin je voudrais, en ce qui regarde les exercices de piété, avoir toujours été d'une diligence irréprochable. A ce prix, ma mort, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus important au monde, sera bonne et sainte ».

P. Franc.-X\v. Kropf, s. J., Histor. Provint-. S. J. Germaniœ Superior. part. 5^ , n. 732, p. 423. — Sotuellus, Biblioth., p. 643. — Sommeuvo- GEL, Biblioth., t. 2, p. 1493. — Mederer, Annales Ingolstad. academ., t. % p. 282.

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