XIX JANVIER
Le dix-neuvième jour de janvier de l'an 1808, le P. Georges Rot- TENSTEiNER mourut à Saint-Pétersbourg, où il était chargé de l'église des Allemands. Né dans le Tyrol, peu d'années avant la suppression de la Compagnie, il s'était enrôlé en 1789 parmi les Jésuites de la Russie-Blanche, et à peine ordonné prêtre, il avait été envoyé dans la mission de Czeczersk. Le seul pensionnat de cette ville était dirigé par un luthérien, et les élèves catholiques, forcés d'assister tous les dimanches au prêche, ignoraient jusqu'aux premiers éléments de la foi. Mais le P. Rottensteiner, à force de douceur et de patience, parvint à triompher d'obstacles qui semblaient insurmontables. Le luthérien lui permit de faire le catéchisme à ses élèves et d'administrer les sacrements à ceux qui témoigneraient le désir de les recevoir ; bientôt plusieurs jeunes protestants abjurèrent l'hérésie et se firent catholiques. A Saint-Pétersbourg, la charité du P. Rottensteiner le fit appeler le père des pauvres ; pour qu'il pût les soulager dans leur misère. Dieu vint plus d'une fois à son secours d'une manière qui semblait miraculeuse. Jamais la faiblesse de sa santé ne lui fut un obstacle, dès qu'un malade ou un malheureux avaient besoin de lui. Quelqu'un le priant de se ménager : « Comment voulez-vous, répondit-il, que je m'occupe de mon corps,
quand il s'agit du salut des âmes » ? A sa mort, les schismatiques, aussi bien que les fidèles , accoururent pour vénérer ses restes ; puis les membres de la communauté catholique allemande en grand nombre, et parmi eux plusieurs personnages de distinction, suivis de plus de trente voitures de deuil, l'accompagnèrent à travers les rues de la ville, à pied et une torche à la main. Le P. Rottensteiner n'était âgé que de quarante-deux ans, il en avait passé dixneuf dans la Compagnie.
BoERo, Menolog., 19 genn., p. 386.
* Le dix-neuvième jour de janvier de l'an 1644, mourut à Burghausen le P. Jean Glyk, né à Straubingen en Bavière. Il avait gouverné quinze années de suite le grand collège d'ingolstadt, au milieu des circonstances les plus difficiles, avec une prudence, une charité et une intrépidité d'àme dignes d'un vrai supérieur de la Compagnie. Il exerçait un tel empire sur tous les mouvements de ses passions, qu'il pouvait à son gré leur donner l'essor et les faire éclater dans le son de sa voix, l'expression de ses traits, et l'instant d'après, les laisser tomber sans qu'il en restât de trace. Toute sa personne reflétait l'admirable harmonie de son âme ; il était comme la personnification vivante des règles de modestie. Gardien attentif et vigilant de la discipline religieuse, il donnait lui-même l'exemple de la fidélité à toutes les règles. Mais rien n'égalait la splendeur de sa charité. Dans les plus grands embarras du collège, il ne voulait pas qu'il manquât rien au moindre