‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 34 sur 327 · XIX JANVIER. P. PIERRE DIETZ · texte numérisé non relu

XIX JANVIER. P. PIERRE DIETZ

de ses inférieurs. A une époque où la disette et les maladies contagieuses joignaient leurs ravages à ceux de la guerre, où les biens du collège d'ingoldstadt dont il était Recteur étaient la proie de l'incendie ou de la rapacité des armées ennemies, il s'affligeait vivement, raconte l'auteur de sa notice, s'il voyait quelqu'un des siens, le cœur serré, hésiter à demander avec une entière confiance ce dont il avait besoin. Le P. Glyk puisait cette générosité dans l'habitude de la prière, dans une union intime et continuelle avec Dieu, qui, comme le disait autrefois notre Bienheureux Père, peut aussi facilement nourrir mille personnes que cent. Il était depuis quelques semaines seulement Recteur du collège de Burghausen quand il fut appelé à la récompense. Il était âgé de cinquante-sept ans, et en avait passé trente-quatre dans la Compagnie.

Sumniar. lit. clefunct. Provinc. German. Super. (Arc/i. Rom.}.

* Le dix-neuvième jour de janvier de l'an '16o4, mourut au collège de Mayence le P. Pierre Dietz, vénérable vieillard qui avait consacré plus d'un demi-siècle au service de la Compagnie. Longtemps Recteur et Maître des novices, il n'avait C33sé, par son exemple encore plus que par ses leçons, de former et d'animer ceux qui lui étaient confiés à toutes les vertus propres de notre vocation : l'union à Dieu par la prière et l'habitude du recueillement, la patience au milieu des épreuves, une tendre charité pour le prochain jointe à la haine de soi-même et au.x plus rigoureuses pratiques de la mortification. Contraint dans ses dernières années de renon-

cer à la plupart des ministères de la Compagnie, le P. Dietz ne consentit pas à demeurer inactif; et jusqu'à l'âge de près de quati^e-vingt-dix ans, c'est lui qui fut chargé de donner les points de méditation aux Frères coadjuteurs et de faire les conférences d'usage à la communauté.

Sur sa couche d'agonie, le saint vieillard voulut encore se rendre utile à ses frères et graver dans leurs cœurs une grande leçon. Après avoir reçu le saint viatique, les vo3'ant réunis autour de lui, il les exhorta dans les termes les plus pressants à demeurer fidèles à la Compagnie jusqu'à la mort: a Aimez la Compagnie, leur dit-il, aimez-la toujours comme votre mère; soyez persuadés que, s'il est un signe évident de prédestination à la gloire, c'est notre vocation et la persévérance dans notre vocation. Réjouissezvous donc, et remerciez Dieu de vous avoir appelés ; pensez souvent à cette grâce souveraine, et travaillez à y répondre selon toute l'étendue de vos forces». Recueillant ensuite dans un dernier effort ce qui lui restait de vie, le moribond encouragea vivement ses frères à ne juger jamais défavorablement ni les paroles ni les actes de leurs supérieurs, et peu d'instants après, il expira. II était âgé de quatre-vingt-sept ans et en avait passé cinquante-huit dans la Compagnie.

Summar. vil. defïinct. Provinc. Rheni Super. (Arc/i. Rom.).

* Le dix-neuvième jour de janvier de l'an 1748, le P. pRANÇois-XAviER ScHiNNER mourut au collège de Brigue en Valais. Son extrême timidité lui avait donné l'occasion de livrer bien des combats, et

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