‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 55 sur 327 · XXIX JANVIER. P. JACQUES GRETSER · texte numérisé non relu

XXIX JANVIER. P. JACQUES GRETSER

Au milieu de ces immenses travaux, qu'il mena de front pendant vingt-cinq ans, avec l'enseignement des hautes sciences dans l'université d'Ingolstadt, il savait encore être un homme d'oraison. 11 avait pris comme protecteurs et comme guides dans cette science des saints le Roi-Prophète et notre Père saint Ignace. Le livre des Psaumes lui offrait une mine inépuisable d'affections et de pensées. Il y revenait sans cesse, en approfondissait les sens les plus cachés et demandait à l'Esprit-Saint de les lui faire comprendre ; il avait même reproduit et paraphrasé, avec les seules paroles du Psalmiste, tout le livre des Exercices.

A la prière, il joignait, malgré de fréquentes infirmités, les veilles, les jeûnes et beaucoup d'autres austérités volontaires. Chaque nuit, il attendait, pour se livrer au repos, que la cloche d'un monastère voisin appelât les religieuses à l'office des matines. Plus d'une fois, pendant qu'il veillait et priait, les âmes du purgatoire vinrent implorer son secours ; sa charité pour elles était si grande que, sans parler des pénitences extraordinaires qu'il appliquait à leur délivrance, il ajoutait au moins cinquante chapelets par mois aux suffrages habituels de la Compagnie. Dans sa dernière maladie, Notre- Seigneur lui fit connaître, par une vision mystérieuse, le nombre de jours et d'heures qui lui restaient encore h vivre ; et malgré les prévisions contraires des médecins, il expira juste au moment qu'il avait indiqué. Le P. Gretser était âgé de soixante-trois ans et en avait passé quarante-sept dans la Compagnie,

Gretseu, Opéra oninia..., Ralisbomc, 1734, t. 1, de sancin Cruce, pp. xvi. — SoTUELi-us, Biblioth., p. 368. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 1743 et suiv. — Patrign.vm, Menol., 28 genn., p. Til . — Nadasj, Ann. clier.

memor.

r., 29>^ /an. p. 52. — Duews, Fcisti Suc. Jes., 29» /an., p. ;)9. — KiîOPf, Histor. Provint-. Gerinan. Super., dccas 9» , n. 250 scqfj., p. 331 scqq. — Biographie univers. — Fellek, Dictionn. histor., t. 3, p. 393. — P. Veudière, s. J., Histoire de VUniversilé d'Ingolstadt, i. % ch. 4, p. 330, 527. — Su/nmar. vita' defunct. Provinc. German. Super. (Arr/t. Rom.).

* Le vingt-neuvième jour de janvier de l'an 17-38, mourut à Goritz le P. Bernard Geroni, de Trieste, le fondateur des missions autrichiennes, ce homme, dit son éloge, né pour le bien de milliers d'âmes, et qui eut en effet la gloire d'en arracher une multitude à l'enfer x. Après avoir accompagné pendant dix ans les troupes impériales en qualité d'aumônier militaire, il se dévoua tout entier à l'œuvre si apostolique des missions. Il conçut le projet de l'établir sur le modèle de celle du célèbre P. Segneri en Italie et d'en faire comme lui une institution durable. Ses efforts furent couronnés de succès. Plusieurs Pères, animés d'un zèle ardent, s'offrirent à le suivre ; et de généreuses aumônes lui permirent d'assurer l'avenir, en constituant un revenu suffisant pour faire vivre ses successeurs. L'œuvre reçut le nom de Mission de pénitence. D'Autriche, elle passa en Bohême, et partout elle produisit des fruits immenses. En 1736, deux années avant la mort du serviteur de Dieu, les quatre Pères qui la composaient en Bohême distribuèrent jusqu'à 240000 communions,

Le P. Geroni tendait surtout à se pénétrer de l'esprit de son admirable modèle, le P. Segneri, et s'efforçait d'allumer dans son âme la même flamme de zèle. Il évangélisa tour à tour les pays autrichiens de langue italienne, la Hongrie et les autres provinces de l'empire, et opéra des merveilles sans nombre de conver-

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