XXIX JANVIER. P. BERNARD CERONI
sion et de sanctification. Il paraissait insensible à la fatig-ue. Pendant que ses compagnons épuisés réparaient leurs forces, il continuait seul le travail ; il donnait les Exercices de saint Ig-nace aux couvents, aux maisons d'éducation, quelquefois même à des villes entières ; il préparait les expéditions suivantes. Il avait auprès du peuple la réputation d'un saint ; et plus d'une fois. Dieu avait glorifié son apostolat par des prodiges. Ainsi prêchant un jour en plein air, car les églises étaient trop étroites pour contenir les multitudes qui se pressaient autour de lui, les nuages prêts à se fondre en eau étaient demeurés suspendus au-dessus de son auditoire sans qu'il tombât une seule goutte. Un autre jour, un orage terrible était sur le point d'éclater ; déjà la foule eîîrayée s'apprêtait à fuir ; à sa voix elle s'arrêta. Et pendant qu'autour d'elle, des torrents de pluie inondaient la campagne, elle écouta l'homme de Dieu, aussi tranquille et aussi respectée par la tempête que si elle eût été à l'abri sous la voûte d'un temple.
La patience et une sainte joie au milieu des douleurs de sa dernière maladie achevèrent d'embellir la couronne du P. Ceroni. II s'endormit saintement dans le Seigneur à l'âge de soixante-dix ans ; il en avait passé cinquante-trois dans la Compagnie.
Litterœ annuse Provinc. Austr. anno 1738 {Archiv. Rom.).