‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 63 sur 327 · IV FÉVRIER. P. NICOLAS HORVATH · texte numérisé non relu

IV FÉVRIER. P. NICOLAS HORVATH

à sa prière, que le Grand Seigneur n'attire ses sujets à combattre ou à travailler pour lui » ?

Ce fut surtout par le soin des enfants et par la formation des prêtres et des moines dont l'ignorance était extrême, que le P. Horvath rétablit solidement la religion dans tout ce pa ys ; il y fît aussi refleurir les anciennes lois et accueillir par le peuple et les magistrats de nouveaux règlements pour sauvegarder la foi et les vertus chrétiennes. En même temps, il ramenait des milliers de schismatiques et d'hérétiques au bercail de Jésus-Christ. Mais on aurait peine à s'imaginer au prix de quels travaux et de quelles privations il dut acheter ces âmes. Il en fut réduit, pour vivre, à labourer lui-même la terre. Aussi les Turcs, après l'avoir vu de près et l'avoir même quelque temps retenu en prison, conçurent une telle admiration pour sa vertu, que malgré leur insatiable avarice, ils firent grâce aux chrétiens, en son honneur, d'une partie des tributs dont ils les avaient accablés. Aussi bien que les hérétiques et les catholiques, ils lui apportaient en foule leurs petits enfants et leurs malades à bénir, car on savait sur les deux rives du Danube qu'avec une image ou un peu d'eau de saint Ignace, ou même par l'imposition des mains, l'homme de Dieu guérissait les malades et chassait les démons. Le P. Horvath mourut à l'âge de quarante-huit ans, il en avait passé vingt-neuf dans la Compagnie.

Patrignani, Menol., 4 f'ebbr., p. 46.

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