V FEVRIER
* Le cinquième jour de février de l'an 1768, mourut à Munich le P. Albert Hofreither, de VilshofYen en Bavière, confesseur infatigable pendant trente-quatre ans et surnommé piscator hominum. 11 méritait bien ce titre. Chaque année, il entendait au moins trois cents confessions générales de pécheurs insignes. Jusqu'au troisième jour avant sa mort, il ne cessa d'accueillir dans sa chambre et d'absoudre ses chers pénitents. 11 avait ses auxiliaires dans cette œuvre de miséricorde. C'étaient d'abord ceux-là mêmes qu'il avait gagnés à Dieu, quelquefois les criminels qu'il avait accompagnés repentants et résignés au dernier supplice, et auxquels il demandait, en retour de leur propre conversion, de lui amener quelque grand pécheur ; prière touchante que Dieu bénissait ; car souvent le jour même de leur mort ou peu de temps après, il voyait se jeter à ses pieds tel ou tel malheureux chargé de crimes qui venait se réconcilier avec le ciel.
La réputation de ce saint homme s'étendait aux provinces les plus éloignées de l'empire. Il n'était pas rare de voir des ouvriers venir de l'Autriche, de la Bohême et même de la Silésie, uniquement pour se confesser à lui. Ces pauvres gens prenaient du travail à Munich jusqu'à ce qu'ils eussent mis ordre aux affaires de
V FÉVRIER. — F. VENCESLAS KONWALSKI. 119
leur conscience et s'en retournaient ensuite dans leur pays consolés et louant Dieu. Le P. Hofreither embrassait dans le même zèle les missions des Indes auxquelles il procura d'excellents ouvriers, et les misères des pauvres, qu'il assistait de larges aumônes et souvent même servait de ses propres mains. Ce fidèle imitateur de la miséricorde et de la bénignité du Sauveur mourut saintement dans la soixaute-dix-septième année de son âge et la cinquanteseptième depuis son entrée dans !a Compagnie.
Su/nmar. ntœ defunctor. Provinc. Gerinan. Superior. (Archà'. Rom.}.
* Le cinquième jour de février de l'an 1788, mourut à Polostk le Frère Coadjuteur Wenxeslas Konwalski, né à Vienne, et entré au noviciat de cette ville en 1763, à l'âge de vingt ans. A la suppression de la Compagnie, il était sacristain à notre collège de Klagenfurt. Pendant onze années encore, il fut maintenu dans le même emploi, tant il apportait à le remplir de diligence et de dévouement. Une propreté exquise, inspirée par l'esprit de foi, reluisait partout, dans les ornements du prêtre, la parure des autels, tout l'ameublement de l'église, et servait grandement à ranimer dans les fidèles la piété et le respect des choses saintes.
Cependant le F. Konvalski ne pouvait oublier la Compagnie que tout ce qu'il avait sous les yeux rappelait sans cesse à son cœur. Et jaloux de renouer des liens brisés malgré lui et de rendre le dernier soupir sous la livrée des enfants de saint Ignace, il sollicita la faveur d'aller se joindre aux Jésuites de Russie. Notre-Sei-
gaeur, qu'il avait si fidèlement servi, inclina la volonté des supérieurs à exaucer sa demande. Deux ans plus tard, après avoir prononcé les vœux de Coadjuteur formé, le bon Frère fut atteint d'une maladie contagieuse, et plein de joie et de reconnaissance s'endormit pieusement dans la paix du Seigneur, à l'âge de quarante-cinq ans.
Sumniar. vit. defunctor. in Alba Rossia [Archiv. Provinc. Galic.].