XXIII FÉVRIER. F. LAURENT MANGOLDT
les monastères déchus, rendant aux saintes pratiques de la pénitence et de la perfection de leur état les moines fugitifs ou apostats, répandant de larges aumônes dans le sein des pauvres, initiant enfin des provinces entières, surtout par l'institution des cong-rég-ations de la sainte Vierg-e, aux plus belles vertus. Le P. Metsch mourut à l'âge de soixante-cinq ans, dont il avait passé quaranteneuf dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, part. 4, lib. 6, n. 20, p. 728 seqq. — B. Balbinus, S. J., MisceUane.a historica regni Bohemise... seu Bohemia sancta..., Pragœ^ 1682, titul. 61, p. 123. — Litter. ami. Societ. Jesu, anno 1651, p. 67 secjr/. — Patrigna.ni, Menol., 23 febb., p. 213. — Nadasi, Ann. dier. mentor., 23^ febr., p. 108. — Drews, Fasti Soc, 23* febr., p. 73. — Cassani, Varones ilustres, t. 2, p. 216. — Tanner, Societas Jesu apostolor. imîtatrix, p. 110. — Sotuellus, BibliotJi., p. 53. — Som- MERVOGEL, BibUotli., t. 5, p. 1029. — Stôger, S. J., Scriptores Provinc. Austriacic, p. 226. — Pelzel, Gelehrte und Schrifsteller... S. /., p. 18.
* Le vingt-troisième jour de février de l'an 1620, mourut à Gratz le F. Laure.nt Mangoldt, âgé de quarante-huit ans, dont il avait passé vingt-quatre dans la Compagnie. C'est la grâce qu'il n'avait cessé de demander : consacrer au service de Dieu dans la religion autant d'années qu'il en avait donné au monde. L'humilité, le mépris de toutes les choses qui passent, l'obéissance, la pauvreté, l'amour de sa vocation étaient ses vertus de prédilection. Il souffrait déjà du mal qui devait l'enlever, lorsqu'il apprit qu'un jeune homme sorti de la Compagnie, peu d'années auparavant, et engagé dans le service militaire, venait d'être nommé porte-drapeau, et tout fier de son uniforme et de son grade, était venu se pavaner
au collège. A cette nouvelle, le F. Mangoldt fut saisi d'une sorte d'horreur : « Ah ! dit-il, que Dieu ajoute à mes souffrances d'autres souffrances et qu'il les multiplie sans fin, plutôt que de permettre que la triste fortune dont s'applaudit ce pauvre jeune homme soit jamais la mienne ! » Ce véritable enfant de la Compagnie faisait ses délices de la prière; il lui consacrait tous les moments dont il pouvait disposer. Les discours frivoles lui étaient à charge ; il aurait mieux aimé être privé de toute consolation, disait-il, que d'aller se désaltérer à ces citernes d'eaux malsaines. S'il avait à faire quelque voyage, il s'en réjouissait, parce qu'il trouvait ainsi l'occasion de s'entretenir plus longuement avec Dieu.
Cependant il mettait l'obéissance au-dessus de sa dévotion et savait quitter Dieu pour Dieu. Entendait-il quelques Frères se plaindre que leur office les empêchât de donner à la prière le temps qu'ils auraient désiré, il les consolait par cette comparaison : « Le vin, considéré en lui-même, vaut mieux que l'eau ; néanmoins, si un serviteur présente du vin à son maître quand celui-ci demande de l'eau, il est sûr que, loin de lui plaire, il l'irritera; ainsi l'oraison est plus excellente sans aucun doute que tel ou tel travail manuel ; mais si Dieu, par le moyen des supérieurs, qui sont les interprètes de sa volonté, nous applique à ces sortes d'occupations, travailler sera bien plus agréable à ses yeux divins que de prier ».
Summar. vitos defunctor. Provinc, Austr. {Archiv. Rom.}.