‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 92 sur 327 · XXIV FEVRIER · texte numérisé non relu

XXIV FEVRIER

Le vingt-quatrième jour de février de l'an 1644, mourut à Hradisch, en Moravie, le P. Georges Léo, premier Recteur des collèges de Kremsier et de Hradisch, et l'un des plus ardents promoteurs des missions catholiques de la Valachie. Il ne conseillait à ses inférieurs aucune pratique de zèle, de pénitence, d'humiliation et de piété dont il ne donnât lui-même l'exemple. Ceux qui avaient le bonheur de le voir et de l'entretenir, se sentaient irrésistiblement portés à l'amour de la vertu. Le P. Léo n'était pas moins attentif à gagner par ses prévenances et ses bons offices l'affection du clergé et des Ordres religieux, persuadé que rien n'était plus utile pour le service de Dieu et le salut des âmes. Le collège de Kremsier à peine fondé, on vit se transformer la plupart des familles de nos élèves; les vieillards pleuraient de joie et proclamaient bienheureux les enfants qui avaient de tels maîtres.

Lorsque les bandes hérétiques du suédois Torstenson, après s'être emparées de la ville, la livrèrent au pillage et à l'incendie, le P. Léo et douze de ses compagnons furent jetés dans un cachot où ils n'avaient pour nourriture qu'un peu de pain et une eau infecte, et pour lit que la terre nue. Ils n'en furent tirés au bout de sept jours, que pour être emmenés captifs à Olmutz, au milieu

de fatigues, d'outrages et de dangers sans nombre, et leur insolent vainqueur ne leur rendit enfin la liberté qu'à prix d'or. Une chute sur la glace hâta la fin du P. Georges Léo. Sentant que l'appel de Dieu était proche, il pria un des religieux du collège de faire en son nom l'accusation de ses fautes au réfectoire et d'en demander pardon à la communauté. Quand il eut rendu le dernier soupir, on trouva sur son cœur la formule de ses vœux ; depuis le jour de sa profession, il la portait continuellement suspendue à son cou, comme un mémorial de l'entière consécration de lui-même à la sainte Eglise et à Dieu . Le P. Léo était âgé de quarante-quatre ans; il en avait passé vingt-quatre dans la Compagnie.

ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem. part. 4^ , lih. 4, n. 31, /». 49; n. 48, p. 72. — Rruger, Sacri Pidveres Dohemiœ, t. \, 2a febr., p. 169.

* Le vingt-quatrième jour de février de l'an 1648, mourut à Falckenhagen le Frère Coadjuteur Menri Meyer, entré à vingt-cinq ans dans la Compagnie, après avoir été soldat et ouvrier. Dieu lui avait fait la grâce de conserver intact, dans les occasions les plus dangereuses, le double trésor de sa foi et de sa pureté. Envo3'é à la petite résidence de Falckenhagen dans la Province du Bas-Rhin, il s'y trouva pendant plusieurs années le seul Frère Coadjuteur et dut y remplir tous les offices domestiques. Mais quelles que fussent ses occupations, il ne se plaignait jamais et s'estimait heureux d'user ses forces au service de la Compagnie. Au milieu des désordres de la guerre qui désolait alors l'Allemagne, il affronta plusieurs

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