XXII AOUT. V. ALEXANDRE ORSINI
milier. Elle était si grande en effet, que ses jeûnes, ses llagellations et ses cilices, même avec les plus sages restrictions de l'obéissance, parurent avoir abrégé sa vie. Il portait toujours en particulier, suspendu à son cou, un petit crucifix dont les clous avaient de longues pointes, perpétuellement tournées et appliquées conti^e sa poitrine ; l'un de ses gestes i'amiliers était d'y appuyer fortement la main, pour mieux se rappeler et s'imprimer au cœur les douleurs de Jésus en croix.
Tous les jours, il se confessait des plus légères imperfections, avant de monter à l'autel, et faisait d'ordinaire son action de grâces en servant humblement la messe de son confesseur. S'il rencontrait dans les rues quelque prêtre portant à des malades le saint viatique, il se mettait aussitôt à sa suite, tête nue, quelles que fussent les intempéries de la saison ; tant la vivacité de sa foi lui faisait trouver d'honneur et de charme dans les témoignages d'amour qu'il donnait à la personne de Notre-Seigneur. Par zèle du salut des âmes, il dirigeait dans son propre palais une fervente congrégation qui se livrait avec lui à toutes les œuvres de miséricorde ou de pénitence, et il consacrait une grande partie de ses revenus à préserver ou à retirer du vice les âmes déjà perverties par la misère ou exposées à offenser Dieu. Lorsqu'il exerçait à Ravenne la charge de légat du Saint-Siège, quelques hommes puissants dont les crimes portaient l'effroi dans tout le pays, furieux de se voir réprimés par son incorruptible justice, formèrent le complot sacrilège de le faire assassiner. Par bonheur, la lettre où tous leurs desseins étaient dévoilés , tomba entre ses mains, et lui révéla le nom des coupables. Mais il n'en usa que pour prendre certaines précautions indispensables, telles que les
MENOLOGE S. J. — ASSISTANCE D ITALIE.
lui commandait sa conscience, et jeta sur-le-champ cette liste au feu, pour en effacer jusqu'à la trace ; il se contenta de dire au P. Zucchi : « J'espère bien qu'un jour cette lettre me servira de passe port, et m'ouvrira l'entrée du paradis ; car Jésus-Christ n'a pas dit en vain : « Dimittite et dimittemini ; pardonnez et Dieu vous pardonnera».
CoRDARA, Histor. Societ. Jes. , part. 6» , l. 6, n, 8, p. 281 ; l. 11, n.